La Coupe d’Afrique des Nations 2025 organisée au Maroc marque un tournant majeur dans l’histoire de la compétition, en s’imposant comme son édition la plus performante sur les plans économique et commercial. «Selon la Confédération africaine de football, les revenus générés ont progressé de plus de 90 %, traduisant une montée en puissance sans précédent de la CAN comme produit sportif à forte valeur ajoutée», rapporte le magazine Challenge.
Cette performance repose sur une stratégie commerciale profondément renouvelée. La CAF a considérablement élargi son portefeuille de partenaires, passant de neuf sponsors lors de l’édition 2021 au Cameroun à 23 pour l’édition marocaine, après une étape intermédiaire à 17 partenaires en Côte d’Ivoire en 2023. Cette croissance illustre à la fois l’attrait accru de la compétition auprès de grandes marques internationales et la fidélité de partenaires historiques, qui y trouvent un retour sur investissement de plus en plus attractif.
Parallèlement, la distribution des droits médias s’est fortement développée, portée par une ouverture vers de nouveaux marchés à fort potentiel, notamment en Asie de l’Est, avec la Chine et le Japon, tout en consolidant les zones traditionnelles en Europe, en Afrique et en Amérique. Cette dynamique s’inscrit dans une démarche fondée sur l’analyse des données, engagée par la CAF après la précédente édition, afin de mieux comprendre les attentes des audiences mondiales et d’adapter les stratégies de sponsoring et de diffusion en conséquence. La CAN est ainsi progressivement repositionnée comme une propriété footballistique d’envergure mondiale.
«L’internationalisation du profil commercial de la compétition se reflète dans l’origine géographique des sponsors, désormais répartis sur plusieurs continents», relève Challenge. Des entreprises et institutions issues des États-Unis, de Chine, d’Allemagne, du Japon, du Royaume-Uni, de Turquie ou encore de l’Union européenne ont rejoint le portefeuille de partenaires, aux côtés d’acteurs africains, confirmant l’élargissement de l’audience et de l’influence économique de la CAN.
Au-delà des résultats financiers, l’édition marocaine s’appuie sur des investissements massifs dans les infrastructures. Stades, transports, capacités hôtelières et centres d’entraînement ont été salués par le président de la CAF, Patrice Motsepe, qui considère cette édition comme la plus aboutie jamais organisée. Ces investissements structurants sont présentés comme un levier essentiel du développement durable du football africain, mais aussi comme un facteur clé d’attractivité pour les partenaires, les diffuseurs et les futurs pays hôtes.
Dans cette perspective, la CAF entend inscrire la CAN et les nouvelles compétitions continentales dans une vision de long terme. Le projet de Ligue des nations africaines, prévue pour 2029 avec la participation des 54 fédérations, vise à renforcer la valeur sportive et commerciale du calendrier africain, en proposant des affiches à forte audience durant les fenêtres internationales de la FIFA. De nombreux pays ont déjà manifesté leur intérêt pour accueillir les prochaines grandes compétitions, signe d’un regain d’attractivité économique du football africain.
La décision de maintenir la CAN sur un cycle de quatre ans s’inscrit dans cette logique de consolidation, avec l’objectif de préserver la rareté de l’événement, d’en maximiser l’impact financier et de garantir une organisation conforme aux standards internationaux, lit-on dans Challenge. Pour la CAF, l’enjeu est de bâtir des bases solides permettant au football africain de s’imposer durablement comme un acteur crédible et compétitif sur le marché mondial du sport.





