Business Ready 2025: le Maroc encore freiné par l’efficacité opérationnelle

Selon le rapport Business Ready 2025, le Maroc occupe la deuxième place en Afrique et dans le monde arabe, affichant des résultats supérieurs aux moyennes à la fois régionales et mondiales.. DR

Revue de presse Deuxième en Afrique et dans le monde arabe selon le rapport Business Ready 2025, le Maroc affiche des performances supérieures aux moyennes mondiale et régionale. Pour l’économiste Ahmed Azirar, fondateur du CEREM, ces résultats confirment les progrès du cadre réglementaire et des services publics, tout en révélant des faiblesses persistantes dans l’application, la confiance, la justice et le capital humain. Cet article est une revue de presse tirée de Challenge.

Le 26/01/2026 à 19h57

Classé deuxième en Afrique et dans le monde arabe par le rapport Business Ready 2025, le Maroc se distingue par des performances supérieures aux moyennes mondiale et régionale. Pour l’économiste Ahmed Azirar, fondateur du CEREM (Cercle de l’économie d’entreprise du Maroc), ce positionnement traduit de réelles avancées dans le climat des affaires, tout en mettant en lumière des fragilités persistantes qui freinent encore son plein potentiel.

Dans un entretien accordé au magazine hebdomadaire Challenge, l’expert explique que «la moyenne globale de 63,44/100 obtenue par le Maroc est encourageante, mais révèle des contrastes significatifs. Le cadre réglementaire et les services publics y sont meilleurs comparés à la moyenne mondiale et à beaucoup de pays comparables, mais l’efficacité opérationnelle reste problématique». Autrement dit, l’architecture juridique et institutionnelle progresse, mais son application concrète sur le terrain demeure inégale.

Le travail mené par le Comité national de l’environnement des affaires et ses déclinaisons régionales a certes permis d’améliorer l’écosystème entrepreneurial. Toutefois, Ahmed Azirar souligne que «si l’armature juridique et les services publics aux entreprises existent, leur application sur le terrain souffre encore de limites». Il cite notamment l’application insuffisante des lois sur la concurrence et le retard de la digitalisation au sein de nombreuses entreprises. Pour lui, la question de la célérité concerne autant l’administration que le secteur privé.

Ce décalage entre des règles bien conçues et une efficacité opérationnelle perfectible s’explique, selon l’économiste, par un déficit de confiance et de capital humain. «C’est une question de confiance mutuelle et de capital humain», affirme-t-il. L’administration conserve un contrôle étroit en raison de pratiques non conformes observées chez certaines entreprises, tandis que ces dernières dénoncent la bureaucratie et réclament davantage de liberté. Des progrès sont néanmoins visibles, notamment au niveau des douanes et de la fiscalité, où la dématérialisation améliore les relations entre l’État et les contribuables. Mais pour Ahmed Azirar, «la justice reste un pilier central du climat des affaires. Il y a également beaucoup à faire au niveau de la justice, qui est la clé pour que le climat soit au top».

«Malgré des scores élevés dans des domaines tels que la création d’entreprises, le commerce international ou les services d’utilité publique, l’attractivité du Maroc pour les investisseurs, notamment étrangers, reste soumise à une forte concurrence internationale», écrit Challenge. «Ce n’est jamais suffisant du fait de la concurrence mondiale, qui, de plus, n’est jamais parfaitement loyale», estime-t-il. Les investisseurs scrutent la stabilité du pays, l’état de la concurrence, la taille du marché et la capacité à régler les conflits, y compris judiciaires. Mais leurs décisions ne reposent pas uniquement sur les indicateurs macroéconomiques. «L’agressivité promotionnelle et l’intelligence économique appliquée à tous les stades aident à asseoir une image de marque positive», note l’expert.

Le cadre incitatif marocain est jugé compétitif, mais gagnerait à être davantage mis en valeur. «Il faudrait que la promotion du pays soit dynamique pour le faire voir davantage», insiste Azirar, appelant à une mobilisation conjointe des associations, des entreprises, des organismes de promotion et de la diplomatie. Pour lui, le Maroc est sur la bonne trajectoire, mais doit accélérer.

Enfin, concernant les marges d’amélioration identifiées par le rapport, notamment sur le marché du travail et le traitement des difficultés des entreprises, l’économiste plaide pour des réformes ciblées. «Le marché de l’emploi est suffisamment flexible. Il faudrait agir au plan de la productivité et de la responsabilité sociale des entreprises», précise-t-il. Il insiste également sur la nécessité d’un dialogue social serein, d’un meilleur encadrement des entreprises et d’un système de formation continue plus dynamique. «En filigrane, une exigence revient avec constanceencore et toujours, la reddition des comptes au niveau central et au niveau décentralisé des territoires», conclut Azirar.

Par le360
Le 26/01/2026 à 19h57