La décision d’Allianz Trade de maintenir la notation souveraine du Maroc à «B1» confirme la perception d’un environnement des affaires relativement stable à l’échelle continentale. Dans un environnement mondial caractérisé par des tensions commerciales persistantes et des risques géopolitiques accrus, le Royaume conserve son statut de marché africain le moins risqué pour les entreprises internationales, selon l’édition 2026 du Country Risk Atlas.
Le Country Risk Atlas repose sur un modèle propriétaire intégrant 17 indicateurs à court terme et 18 à moyen terme, couvrant les dimensions macroéconomiques, politiques, financières et structurelles. Cette approche vise à évaluer le risque de non-paiement des entreprises à l’échelle nationale et à fournir un outil d’aide à la décision pour les opérateurs économiques.
Dans ce cadre, la note «B1» attribuée au Maroc traduit un profil de risque modéré, soutenu par la stabilité macroéconomique relative du pays, la diversification progressive de son tissu productif et son ancrage commercial avec l’Europe. Allianz Trade souligne que le Maroc bénéficie de son positionnement en tant que plateforme industrielle orientée vers l’export, notamment dans l’automobile et les phosphates.
Selon les projections citées dans le rapport, le produit intérieur brut marocain progresserait de 3,7% en 2026 et de 3,5% en 2027. Ces estimations s’appuient sur la reprise de la production industrielle, l’investissement étranger direct et un redressement du secteur agricole après plusieurs campagnes marquées par l’irrégularité pluviométrique. Quant au ratio dette publique/PIB, il devrait, selon Allianz Trade, reculer à 65% à l’horizon 2027, signalant une trajectoire d’assainissement budgétaire progressive. La banque centrale maintient par ailleurs une politique monétaire stable, dans un contexte d’inflation modérée, tout en poursuivant le processus de flexibilisation graduelle du dirham.
L’amélioration globale du risque pays en 2025 constitue l’un des faits marquants du rapport. Allianz Trade a relevé la notation de 36 pays, contre seulement 14 dégradations. Toutefois, certaines économies majeures, dont la France, la Belgique et les États-Unis, ont vu leur note abaissée, ce qui souligne la persistance de vulnérabilités dans des marchés représentant une part significative du PIB mondial.
Ainsi, le maintien de la note marocaine revêt une dimension comparative alors que plusieurs économies avancées ont été dégradées. Le Royaume consolide son positionnement relatif, renforçant son attractivité auprès des investisseurs en quête de diversification géographique.
Des atouts structurels, mais des fragilités sectorielles
Allianz Trade identifie plusieurs facteurs de soutien à l’économie marocaine, notamment la dynamique des exportations automobiles, le rebond des ventes de phosphates et la montée en puissance du secteur touristique. Le royaume ambitionne également de devenir un hub énergétique régional, en capitalisant sur les énergies renouvelables et les interconnexions internationales.
Néanmoins, le rapport souligne des fragilités persistantes. Les secteurs du commerce de détail, de l’immobilier et de la construction enregistrent des retards de paiement susceptibles d’alimenter les défaillances d’entreprises, concernant le chômage des jeunes et la prédominance du secteur informel qui constituent également des contraintes structurelles pesant sur la productivité et l’élargissement de l’assiette fiscale.
Les mobilisations sociales observées ces dernières années ont conduit à une augmentation des dépenses publiques, accentuant les arbitrages budgétaires entre soutien à la croissance et maîtrise de l’endettement.
Lire aussi : Le PIB marocain croîtrait de 3,5% en 2025 et l’impact de la guerre commerciale est limité, selon Allianz Trade
Pour les entreprises internationales, la notation «B1» constitue un indicateur clé dans l’évaluation du risque de contrepartie et des conditions de financement. Dans le même temps, le maintien du Maroc au premier rang africain traduit une reconnaissance de la résilience institutionnelle et macroéconomique du pays. Cette position relative pourrait renforcer la capacité du Royaume à capter les flux d’investissement liés à la reconfiguration des chaînes de valeur mondiales.
Cependant, la note «B1» ne signifie pas absence de risque, mais niveau de risque jugé maîtrisable dans un cadre macroéconomique stable. Les perspectives de croissance demeurent tributaires de facteurs exogènes que sont l’évolution des cours des matières premières, la conjoncture européenne, les conditions climatiques, ainsi que les trajectoires budgétaires internationales.







