Spectacle: le concert de Booba à Casablanca est bel et bien annulé

Le rappeur français Booba en concert.

Après plusieurs mois de polémiques, le concert du rappeur français Booba, qui devait se tenir le 21 juin au Complexe Mohammed V de Casablanca, a été officiellement annulé par son organisateur.

Le 07/06/2023 à 10h29

Depuis hier mardi 6 juin, il est désormais impossible d’acheter un ticket pour le concert de Booba via l’application ou le site de guichet.ma. «Guichet fermé», est-il indiqué en dessous de l’affiche estampillée de la mention «annulé». Les numéros de téléphone du site de réservation, ainsi que ceux de l’organisateur sont quant à eux aux abonnés absents… Impossible d’en savoir plus.

Capture d'écran, réalisée le 7 juin, de l'affiche du concert de Booba à Casablanca, sur le site Guichet.ma

Mais dans une déclaration à l’AFP, une source auprès de l’organisateur souhaitant garder l’anonymat a bien confirmé mardi l’annulation du concert, due à une interdiction des autorités locales. Pour l’heure, aucune trace d’une réaction officielle, ni dans les médias ni sur les réseaux sociaux, de l’organisateur ou du rappeur.

Un concert, une polémique et un grand flou artistique

L’annonce du concert de Booba à Casablanca en mars dernier avait provoqué une véritable levée de boucliers sur la Toile marocaine. Accusé de tenir des propos insultants à l’égard des femmes marocaines et maghrébines dans quelques-unes de ses chansons, le rappeur a été l’objet d’une pétition, lancée en ligne par le twitto Tarik Talk, appelant à l’annulation de son concert casablancais et rassemblant près de 5.000 signatures.

Parmi les titres décriés du rappeur figure «E.L.E.P.H.A.N.T», dans lequel la star chante: «petite Marocaine se tape Berlusconi», en référence à une Marocaine surnommée Ruby qui avait participé, alors qu’elle était mineure, aux fameuses soirées «Bunga Bunga» de l’ex-chef de gouvernement italien. C’est aussi le cas du morceau «Génération assassin», dans laquelle Booba chante: «je vais à la Chicha qu’pour les beurettes».

Le Club des avocats du Maroc s’était alors emparé de l’affaire, en annonçant le 29 avril avoir porté plainte contre le rappeur pour «diffamation et injures portées à l’encontre des femmes marocaines».

Un mouvement de contestation qui a fini par avoir gain de cause sur l’organisation de l’évènement avec dans un premier temps un courrier, daté du 28 mars, de Aziz Dades, président de la Préfecture de la commune d’Anfa, diffusé en masse sur les réseaux sociaux le 2 mai, affirmant que l’organisation du concert n’avait reçu aucune autorisation.

«Je vous informe que votre demande d’organisation du concert a été présentée devant la commission sécuritaire de la Préfecture d’Anfa, mais n’a pas reçu d’accord favorable», était-il ainsi précisé dans cette lettre. Mais malgré la diffusion de cette lettre, 10mentions, l’organisateur de l’événement a continué à vendre des tickets sur le site guichet.ma, expliquant pour Le360 au début du mois de mai n’avoir pas été notifié de cette décision. «À l’heure où je vous parle, nous n’avons pas reçu ce courrier. Nous avons appris cette décision comme tout le monde, sur les réseaux sociaux», avait-il indiqué.

Une version contestée par le Préfecture d’Anfa qui certifiait alors, également dans une déclaration pour Le360: «Le courrier a bien été envoyé et réceptionné par les organisateurs, nous avons même un accusé de réception».

Pourtant, la vente des tickets en ligne avait continué bon train, atteignant selon les organisateurs les 60% de places vendues. Le 15 mai, Booba sortait enfin de son silence, via une vidéo publiée sur son compte Twitter et dans laquelle celui-ci déclarait: «On aime le Maroc, on aime l’Afrique. On n’a jamais insulté les Marocains, ni aucun Africain. Si jamais c’est annulé, on est désolés».



Par Leïla Driss
Le 07/06/2023 à 10h29