Origines humaines: les découvertes archéologiques au Maroc éclairent l’histoire de l’Afrique

Lors de la journée d'étude intitulée: L’Afrique contée par l’archéologie, organisée le vendredi 3 avril 2026 à Rabat. (Y.Mannan/Le360)

Le 03/04/2026 à 18h25

VidéoRéunis à Rabat, chercheurs et archéologues ont mis en lumière les avancées récentes sur les origines humaines en Afrique. Les découvertes réalisées au Maroc, notamment des restes datant de plus de 770.000 ans, confirment le rôle central du Royaume dans la compréhension de l’évolution de l’humanité.

Plusieurs experts et archéologues se sont réunis vendredi 3 avril 2026 à Rabat, dans le cadre d’un colloque scientifique consacré aux origines humaines en Afrique. Au cœur des échanges: les récentes découvertes réalisées sur le continent, notamment au Maroc, où des fouilles menées en 2026 ont mis au jour des restes appartenant à la lignée humaine, datés d’environ 770.000 ans.

Placée sous le thème «L’Afrique contée par l’archéologie», cette journée d’étude a été organisée par le Centre Culturel Iklyle-Rabat, relevant de la Fondation Mohammed VI de promotion des oeuvres sociales de l’éducation et de formation, en partenariat avec l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine (INSAP). L’événement a été consacré à la valorisation du patrimoine archéologique africain, considéré comme un levier fondamental pour la compréhension de l’histoire de l’humanité et de l’évolution des civilisations.

Les débats ont permis d’approfondir une réflexion scientifique sur l’authenticité et l’intégrité du patrimoine archéologique du continent, en tenant compte de la diversité des contextes culturels et géographiques africains. La rencontre visait également à identifier les acteurs impliqués dans la préservation du patrimoine et à mettre en lumière les contraintes auxquelles font face les politiques de sauvegarde et de valorisation.

Selon les organisateurs, ces enjeux s’inscrivent dans un environnement marqué par des pressions croissantes, notamment l’intensification des conflits armés, le trafic illicite de biens culturels, les effets du changement climatique et l’urbanisation non maîtrisée.

La conférence, modérée par Houda Oudouche, archéologue et muséologue à l’INSAP, a réuni plusieurs intervenants de référence. Abdeljalil Bouzouggar, directeur général de l’INSAP, a présenté une communication sur «La valeur universelle de l’archéologie», tandis que Abderrahim Mohib, conservateur des monuments et sites au ministère de la Culture, a abordé les enjeux de conservation du patrimoine.

De son côté, Abdelaziz El Idrissi, chef du département des musées à la Fondation nationale des musées (FNM), a développé le projet «Un musée pour l’Afrique à Rabat: patrimoine partagé et ambition panafricaine». Ce futur établissement, actuellement en cours de réalisation sur une superficie de 13.000 m², ambitionne de devenir un pôle de référence dédié à la conservation et à la valorisation du patrimoine africain, avec des espaces d’exposition permanents et temporaires.

Au-delà de la dimension académique, cette initiative vise également à renforcer la diffusion du savoir auprès du grand public, en rendant les connaissances archéologiques plus accessibles et en valorisant l’identité culturelle africaine.

Le Maroc s’impose aujourd’hui comme un territoire clé pour l’étude des origines humaines. La découverte, à Djebel Irhoud, de fossiles d’Homo sapiens datés d’environ 300.000 ans a déjà profondément renouvelé les connaissances sur l’émergence de notre espèce. Plus récemment, des vestiges attribués à la lignée sapiens, vieux de près de 773.000 ans, ont été mis au jour en janvier 2026 dans la carrière Thomas, apportant un éclairage inédit sur les premières étapes de l’évolution humaine en Afrique du Nord. Ces restes, distincts de ceux de Djebel Irhoud, témoignent de formes humaines encore plus anciennes, contribuant à affiner la compréhension des origines de l’humanité.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 03/04/2026 à 18h25