L’organisation spécialisée dans la reconstruction faciale bio-archéologique vient de frapper fort avec un nouveau visage surgi du passé qui vient s’ajouter à la riche galerie de visages reconstitués par son équipe.
A l’aide de données académiques et de technologies de pointe, Ancestral Whispers, passé maître dans l’art de recréer l’apparence physique d’ancêtres à partir de restes crâniens, a en effet reconstitué le visage d’une femme marocaine, âgée de 6.400 ans.
À ce propos, l’équipe de scientifiques indique qu’elle mesurait environ 1,58 mètre. «Elle possédait l’haplogroupe M1a1b de son ADN mitochondrial», précise Ancestral Whispers. Autrement dit, sa lignée maternelle appartenait à un groupe génétique appelé M1a1b, que l’on retrouve principalement dans certaines régions d’Afrique et du Moyen-Orient.
«Son ADN autosomal était principalement composé d’ascendance de type Levant_N et Natoufien, avec une composante ibéro-maurusienne probablement locale», poursuivent les scientifiques. Autrement dit, une partie de ses ancêtres venait de populations anciennes du Levant (une région qui correspond aujourd’hui à des pays comme le Liban, la Syrie, Israël/Palestine). Quant aux Natoufiens, il s’agit d’une très ancienne population du Moyen-Orient, connue pour avoir vécu à la fin de la préhistoire.
Enfin, s’agissant de sa composante ibéro-maurusienne, celle-ci permet de rattacher son origine à une population très ancienne d’Afrique du Nord et d’indiquer que cette partie de son ADN provient, très vraisemblablement, de la région où elle vivait.
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Au sujet des conditions de sa découverte, les scientifiques fournissent de nombreux détails, indiquant qu’elle a été retrouvée allongée sur le dos, que son corps n’était pas parfaitement droit mais était un peu tourné vers la droite, orienté dans le sens du nord vers le sud dans la tombe. Quant à sa tête, elle était penchée vers l’avant (menton vers la poitrine) et inclinée vers la droite. Le corps était compact avec les membres supérieurs près du torse, l’avant-bras droit fléchi vers le visage et le bras gauche étendu vers le bassin. «Les membres inférieurs étaient fortement fléchis (talons près des fesses), probablement en raison des contraintes liées à la fosse funéraire», est-il indiqué.
Par ailleurs, poursuit-on en commentaire de plusieurs clichés du visage de cette femme, au moins quatre vases en céramique ont été retrouvés dans la sépulture. L’un deux, retrouvé intact, était placé sur le bassin de la femme, quant aux autres, ils étaient intentionnellement brisés et déposés autour des régions abdominale et lombaire. Des fragments supplémentaires, trouvés dans la région thoracique, proviennent ainsi de ces vases.




