Du Caire à Casablanca, Sara Moullablad dévoile «Twehechtek», un EP à fleur de peau

De l’Égypte au Maroc, Sara Moullablad dévoile «Twehechtek», un EP à fleur de peau

Sara Moullablad, chanteuse et compositrice marocaine (S.Belghiti/Le360).

Le 30/03/2026 à 09h58

VidéoCertains l’ont découverte à travers sa collaboration avec le groupe égyptien Cairokee. Révélée en Égypte, la chanteuse et compositrice marocaine Sarah Moullablad amorce aujourd’hui un rapprochement avec le public national. Le 26 mars, à l’American Arts Center, elle a dévoilé son premier EP «Twehechtek», un projet introspectif autour des sentiments amoureux. Rencontre.

Révélée au grand public en Égypte, où elle a su imposer sa sensibilité artistique, Sara Moullablad compte bien inscrire son nom parmi les artistes marocains grâce à son premier EP «Twehechtek». Composé de trois titres: «Twehechtek», «Wa Law» et «S’haba», cet EP marque une toute nouvelle étape dans son parcours. Autrice et compositrice, elle y propose une œuvre délicate, entre pop, jazz et influences orientales, où chaque morceau incarne une émotion, de l’élan amoureux à la désillusion.

Interrogée sur le choix du titre, la chanteuse explique privilégier la simplicité. «'Twehechtek’ est le premier morceau que j’ai dévoilé. C’est aussi celui qui porte les émotions les plus profondes de l’EP. Le titre s’est imposé naturellement», confie-t-elle, avant d’ajouter que, dans ce projet, elle raconte les différentes étapes de l’amour. «C’est une manière de parler d’un amour sans égo, dans quelque chose de très introspectif», précise-t-elle.

Une introspection qui fait écho à sa propre manière de vivre ses émotions. «Je suis quelqu’un qui exprime assez facilement ses sentiments…mais pas tous de la même façon», nuance-t-elle. «La colère sort plus facilement. L’amour, en revanche, est plus difficile à verbaliser. L’écriture devient alors un espace où je peux le faire librement», partage-t-elle.

Dans le clip de Twehechtek, Casablanca s’impose comme un véritable fil conducteur visuel, un choix loin d’être anodin. «C’est avant tout un hommage à ma ville natale», confie l’artiste, évoquant également «ces lieux du quotidien que l’on qualifie aujourd’hui de “clichés”, alors qu’ils font pleinement partie de notre histoire». Et d’ajouter: «Se promener sur la place Mohammed V, par exemple, reste une expérience simple, mais profondément ancrée en nous, en tant que Casaouis.»

Si son nom s’est d’abord imposé en Égypte, Sara Moullablad assume pleinement ce parcours atypique. «C’est vrai que je suis aujourd’hui plus reconnue là-bas qu’au Maroc», reconnaît-elle, avant d’affirmer que cet EP est justement sa manière de revenir ici, et se reconnecter au public marocain.

Difficile, en revanche, pour l’artiste de se définir musicalement. «Je n’aime pas enfermer ma musique dans une case. C’est un mélange de tout ce que j’aime: du jazz, de la bossa nova, du chaâbi…Ce sont des influences qui font partie de mon identité», déclare Sara.

Après une première expérience dans le raï, elle n’écarte pas l’idée d’y revenir, à certaines conditions. «Pourquoi pas, si le projet a du sens, notamment à travers une collaboration qui apporte une vraie valeur artistique», précise-t-elle. Mais c’est bien le jazz qui continue de nourrir ses ambitions. «J’ai même le sentiment de m’en être un peu éloignée ces derniers temps», admet-elle. «J’aimerais vraiment revenir à quelque chose de plus pur, peut-être un album entièrement jazz», évoque-t-elle.

Souvent rapprochée de l’univers de Oum, Sara Moullablad se dit ouverte aux rencontres artistiques. «Je suis toujours partante pour collaborer, surtout avec une artiste marocaine. Si l’occasion se présente, je la saisirai volontiers», conclut l’artiste.

Par Ryme Bousfiha et Sifeddine Belghiti
Le 30/03/2026 à 09h58