Casa: des sites, une mémoire (EP7). Aïn Chock, un patrimoine architectural chargé d’histoire et de mémoire

Une arche emblématique marque l’entrée d’une rue du quartier d’Aïn Chock à Casablanca, témoin d’un patrimoine urbain hérité des années 1940. (S.Bouchrit/Le360)

Le 12/03/2026 à 15h58

VidéoArches majestueuses, portes anciennes et alignements d’échoppes d’adouls: à Aïn Chock, l’architecture raconte une page méconnue de l’histoire de Casablanca. Héritage urbain né dans les années 1940, ce quartier emblématique tente aujourd’hui de préserver son identité face aux mutations rapides de la métropole.

Sous les murs d’Aïn Chock, le temps semble suspendu. Entre arches caractéristiques et portes chargées d’histoire, ce quartier emblématique de Casablanca, né dans les années 1940, dépasse le simple statut d’espace urbain pour s’imposer comme un véritable patrimoine vivant. Dans ce nouvel épisode de «Casa: des sites, une mémoire», immersion dans ce joyau architectural qui tente aujourd’hui de préserver son identité face aux mutations de l’urbanisme contemporain.

Accompagnés de l’historien Rabie Makboul, nous revenons sur l’importance historique de Aïn Chock dans la mémoire casablancaise. Connu successivement sous les appellations de «Mosquée Al Atiq», puis «Quartier Aïn Chock» et enfin «Le Hammam», cet espace a largement contribué à la notoriété de la zone. Loin d’être un quartier de construction récente, il s’inscrit dans la continuité du développement urbain de Casablanca, dont les racines remontent aux années 1940 et 1950.

«Le visiteur de Aïn Chock découvre un tissu urbain où l’architecture intègre la dimension religieuse et sociale dans la conception de l’habitat. Cette identité se manifeste notamment à travers les arches monumentales qui marquent l’entrée des ruelles, la diversité des portes traditionnelles conçues pour préserver l’intimité des habitations, ou encore les échoppes des adouls, alignées selon une organisation ancienne et conservant encore aujourd’hui leur architecture et leurs portes authentiques», explique l’historien.

Malgré cette richesse patrimoniale, le quartier souffre aujourd’hui d’un manque de valorisation. Si l’empreinte de l’histoire demeure visible dans ses ruelles et ses façades, Aïn Chock fait face à une dégradation progressive de certains espaces et à une prise de conscience encore limitée de sa valeur historique. Entre négligence et transformations urbaines, ces lieux emblématiques vivent désormais une réalité contrastée avec le rôle majeur qu’ils occupent dans la mémoire collective de Casablanca.

Par Achraf El Hassani et Said Bouchrit
Le 12/03/2026 à 15h58