Carton plein pour «2 Rwah»: le film va-t-il pulvériser le box-office marocain en 2026?

فيلم "جوج رواح"

Le Film «2 Rwah» signé Alaa Akaaboun.

Avec 240.000 entrées en trois semaines et 13 millions de dirhams de recettes, «2 Rwah» d’Alaa Akaaboun explose tous les compteurs et s’impose comme le phénomène du box-office marocain 2026. Un succès qui dépasse les attentes de son producteur, mais dont la rentabilité reste suspendue aux règles du partage des recettes en salles.

Le 13/04/2026 à 17h30

Le film 2 Rwah s’est imposé comme l’un des phénomènes cinématographiques marocains les plus marquants de l’année 2026. En seulement trois semaines d’exploitation, il a enregistré près de 240.000 entrées, pour des recettes estimées à 13 millions de dirhams. Un record qui lui permet de caracoler en tête du box-office national, devançant toutes les autres productions marocaines actuellement à l’affiche.

Selon le classement du box-office publié par le Centre cinématographique marocain pour la semaine du 1er au 7 avril, 2 Rwah de Alaa Akaaboune occupe la première place, devant Hôtel Al Salam de Jamal Belmejdoub en deuxième position et Une famille au-dessus de tout soupçon de Hicham El Jebbari en troisième.

Ce succès dépasse le simple chiffre conjoncturel et prend une dimension plus large. À titre de comparaison, l’ensemble des entrées en salles au Maroc en 2024 s’élevait à environ 2,18 millions de tickets, dont seulement 1,08 million pour les films marocains. En trois semaines, 2 Rwah représente donc à lui seul une part significative de la fréquentation annuelle habituelle.

Le film met en scène Fadwa Talib et Ayoub Abounnasr. Il a su réunir un large public grâce à son registre de comédie sociale teintée de fantastique. L’intrigue repose sur un échange d’âmes entre deux personnages issus de milieux différents, donnant lieu à une série de situations cocasses.

Fait marquant: ce succès a dépassé les attentes de l’équipe elle-même. «Au début, on était parti sur un plafond de 150.000 spectateurs, avant de revoir son ambition à la hausse à 250.000, un chiffre que le film approche progressivement», souligne Mouad Ghandi, producteur du film dans une déclaration pour Le360.

Malgré cet engouement populaire, la lecture des chiffres sous l’angle financier reste plus nuancée. Le producteur précise que le total des recettes en salles ne reflète pas directement les bénéfices du producteur.

Il explique que le calcul des recettes se base sur un prix moyen du ticket d’environ 70 dirhams, ce qui porterait le chiffre d’affaires à près de 13 millions de dirhams. Toutefois, ce montant ne revient pas intégralement au producteur.

Cela tient au fonctionnement de l’exploitation cinématographique. Les salles perçoivent jusqu’à 50% des recettes la première semaine, une part qui augmente progressivement les semaines suivantes. À cela s’ajoutent les frais de distribution, de publicité et de copies, ainsi que la part du distributeur, qui atteint 20%.

«Le véritable enjeu est d’attirer le plus de spectateurs possible durant les premières semaines, période où la part du producteur est la plus élevée, avant qu’elle ne diminue avec le temps», précise Mouad Ghandi.

Le producteur révèle que le coût de production du film s’élève à environ 3,5 millions de dirhams. L’équilibre financier dépend donc de la rapidité avec laquelle le film capte son public au lancement, mais aussi de la maîtrise des dépenses de promotion et de distribution.

Par Ghania Djebbar
Le 13/04/2026 à 17h30