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Friedrich Rohlfs, géographe au 19e siècle: «les habitants du Sahara (oriental) reconnaissent le sultan du Maroc comme leur suzerain»
Friedrich Gerhard Rohlfs traverse entre 1861 et 1865 le Tafilalet, le Touat et le Tidikelt, avant que la colonisation française ne fige de nouvelles frontières au Sahara. Dans son récit publié en 1868, il ne défend aucune thèse marocaine, mais consigne des faits: caïds, lettres de protection, tribut au sultan, prière du vendredi en son nom, routes caravanières et marchés liés à la capitale de l’époque, Fès. Son témoignage offre ainsi une archive précieuse sur les continuités politiques, religieuses et commerciales qui rattachaient le Sahara oriental à l’Empire chérifien.
Ben Saul ou la tentation théologique du droit international sur le Sahara marocain
La lecture que fait Ben Saul de l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice de 1975 est simpliste et réductionniste. La CIJ n’a jamais affirmé qu’il existait une souveraineté sahraouie distincte avant la colonisation espagnole; au contraire, elle a reconnu l’existence de liens d’allégeance entre le Maroc et certaines tribus du Sahara.
Le mystère des archives disparues du Sahara oriental
Volatilisées depuis 1907, les archives de la province de Touat n’ont jamais cessé de hanter l’histoire du Sahara oriental. En relisant attentivement les préfaces des livres d’Alfred-George-Paul Martin, il apparaît au contraire qu’il s’agissait d’une confiscation délibérée de pièces devenues embarrassantes: sceaux, correspondances des sultans, dahirs qui attestaient sur quatre siècles de l’exercice concret de la souveraineté marocaine sur la région. Voici l’histoire de leur disparition…
Sahara oriental: ce que disent les accords franco-marocains de 1901 et 1902
Longtemps reléguées aux marges de l’histoire officielle, des pièces diplomatiques françaises viennent éclairer d’un jour cru la spoliation du Sahara oriental marocain. Un protocole signé à Paris en 1901, puis un accord d’application conclu à Alger en 1902, révèlent comment, sous contrainte, le sultan Moulay Abdelaziz a été amené à entériner l’annexion par l’Algérie française des régions du Touat, du Gourara et du Tidikelt.
Paradoxe algérien: condamner la colonisation, sacraliser ses frontières
En Algérie, l’Histoire reste un territoire sous surveillance: exaltée lorsqu’elle conforte le récit national, sanctionnée dès qu’elle interroge les frontières héritées du colonialisme.
L’Algérie, une fabrication coloniale: ce que révèlent les archives militaires françaises
Quand la France débarque à Alger en 1830, elle ne prend ni un État ni un territoire, même pas une entité politique identifiable. Elle saisit une ville corsaire, un beylik côtier sans frontières et sans arrière-pays. L’essentiel du territoire – 80% de l’Algérie actuelle– sera inventé, mesuré, annexé, puis présenté comme une continuité naturelle. Des territoires sahariens marocains du Touat, du Gourara, du Tidikelt et de Tindouf aux zones prises à la Tunisie, à la Libye, au Niger et au Mali, voici ce qu’en disent les archives militaires françaises.
Diapos. Souveraineté fiscale du Royaume du Maroc sur la province saharienne de Touat entre 1666 et 1886. (A.-G.-P. Martin)
Territoires marocains spoliés par l’Algérie: Tindouf, Béchar, Touat, Gourara (Hommage à Boualem Sansal)
Le Sud oranais, la Saoura incluant Béchar, Tindouf et la vaste région de Touat avec les oasis de Gourara, Tidikelt et In-Salah ont appartenu historiquement à l’Empire chérifien. Depuis des siècles, les sultans du Maroc y nommaient des représentants et les tribus locales leur prêtaient allégeance, assurant ainsi la continuité du territoire marocain jusqu’aux confins du Sahara.
Frontières: comment l’Algérie a dupé la Tunisie et le Maroc au lendemain des indépendances
En 1962, Alger hérite d’un pays démesuré, taillé par le colonisateur, reposant sur d’immenses territoires dépouillés à ses voisins. Plutôt que de réparer l’injustice, elle la sacralise. Aux promesses d’amitié faites à Bourguiba et à Hassan II succèdent les manœuvres, les volte-face et la spoliation pure et simple. L’Algérie indépendante, loin de rendre ce qui ne lui appartient pas, a préféré s’asseoir sur le butin de l’empire français, et prétendre être un pays-continent.
Elyes Kasri, ancien ambassadeur de Tunisie, appelle à récupérer les territoires tunisiens spoliés par l’Algérie
Quelques jours après l’adoption de la résolution 2797 par le Conseil de sécurité de l’ONU sur le Sahara, Elyes Kasri, analyste politique et ancien diplomate tunisien, a non seulement salué cette avancée mais en a surtout profité pour rappeler à ses concitoyens la spoliation de 20.000 Km² de terres tunisiennes par l’Algérie. Il a appelé à emboiter le pas au Maroc pour récupérer les territoires tunisiens amputés par l’Algérie française et qui font la richesse de l’Algérie post 1962.