Tous les articles correspondant à #Sahara oriental

Archives françaises: «Sahara orano-marocain», le trait d’union qui précéda la frontière
Avant que le rail, les postes militaires et la cartographie administrative ne figent les confins entre le Maroc et l’Algérie française, les sources coloniales employaient une expression aujourd’hui presque oubliée: «Sahara orano-marocain». Loin d’être une curiosité lexicale, ce syntagme désignait Kenadsa, Béchar, les vallées du Guir, de la Zousfana et de la Saoura comme les éléments d’un espace perçu dans sa continuité marocaine, avant d’être conquis, redéfini puis intégré à l’Algérie.
Sahara oriental: l’affaire des «incursions venues du Maroc» documentée durant la conquête française
Les documents militaires français du début du 20ᵉ siècle éclairent avec précision l’engagement de renforts marocains dépêchés par le sultan Moulay Abdelaziz ben Hassan contre la conquête française du Sahara oriental. Ils dessinent une zone saharienne étroitement reliée au Maroc et rapportent des affrontements soutenus par des troupes venues de l’Empire chérifien.
Fébrile, le régime algérien se déchaîne contre la télévision tunisienne pour une carte du Maroc incluant son Sahara…oriental
Une «bourde technique» sur la chaîne publique tunisienne El Wataniya, qui a diffusé une carte du Maroc incluant le territoire du Sahara oriental, a suffi à provoquer une réaction fébrile du régime algérien, qui a exigé des excuses officielles. Une attitude qui traduit l’angoisse grandissante d’Alger face aux négociations en cours sur le Sahara.
Friedrich Rohlfs, géographe au 19e siècle: «les habitants du Sahara (oriental) reconnaissent le sultan du Maroc comme leur suzerain»
Friedrich Gerhard Rohlfs traverse entre 1861 et 1865 le Tafilalet, le Touat et le Tidikelt, avant que la colonisation française ne fige de nouvelles frontières au Sahara. Dans son récit publié en 1868, il ne défend aucune thèse marocaine, mais consigne des faits: caïds, lettres de protection, tribut au sultan, prière du vendredi en son nom, routes caravanières et marchés liés à la capitale de l’époque, Fès. Son témoignage offre ainsi une archive précieuse sur les continuités politiques, religieuses et commerciales qui rattachaient le Sahara oriental à l’Empire chérifien.
Ben Saul ou la tentation théologique du droit international sur le Sahara marocain
La lecture que fait Ben Saul de l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice de 1975 est simpliste et réductionniste. La CIJ n’a jamais affirmé qu’il existait une souveraineté sahraouie distincte avant la colonisation espagnole; au contraire, elle a reconnu l’existence de liens d’allégeance entre le Maroc et certaines tribus du Sahara.
Le mystère des archives disparues du Sahara oriental
Volatilisées depuis 1907, les archives de la province de Touat n’ont jamais cessé de hanter l’histoire du Sahara oriental. En relisant attentivement les préfaces des livres d’Alfred-George-Paul Martin, il apparaît au contraire qu’il s’agissait d’une confiscation délibérée de pièces devenues embarrassantes: sceaux, correspondances des sultans, dahirs qui attestaient sur quatre siècles de l’exercice concret de la souveraineté marocaine sur la région. Voici l’histoire de leur disparition…
Sahara oriental: ce que disent les accords franco-marocains de 1901 et 1902
Longtemps reléguées aux marges de l’histoire officielle, des pièces diplomatiques françaises viennent éclairer d’un jour cru la spoliation du Sahara oriental marocain. Un protocole signé à Paris en 1901, puis un accord d’application conclu à Alger en 1902, révèlent comment, sous contrainte, le sultan Moulay Abdelaziz a été amené à entériner l’annexion par l’Algérie française des régions du Touat, du Gourara et du Tidikelt.
Paradoxe algérien: condamner la colonisation, sacraliser ses frontières
En Algérie, l’Histoire reste un territoire sous surveillance: exaltée lorsqu’elle conforte le récit national, sanctionnée dès qu’elle interroge les frontières héritées du colonialisme.
L’Algérie, une fabrication coloniale: ce que révèlent les archives militaires françaises
Quand la France débarque à Alger en 1830, elle ne prend ni un État ni un territoire, même pas une entité politique identifiable. Elle saisit une ville corsaire, un beylik côtier sans frontières et sans arrière-pays. L’essentiel du territoire – 80% de l’Algérie actuelle– sera inventé, mesuré, annexé, puis présenté comme une continuité naturelle. Des territoires sahariens marocains du Touat, du Gourara, du Tidikelt et de Tindouf aux zones prises à la Tunisie, à la Libye, au Niger et au Mali, voici ce qu’en disent les archives militaires françaises.
Diapos. Souveraineté fiscale du Royaume du Maroc sur la province saharienne de Touat entre 1666 et 1886. (A.-G.-P. Martin)