Tribune. Dignes!

Ahmed Ghayet, acteur associatif et culturel et président de l’association Marocains Pluriels.

TribuneAccusations, tensions, provocations... La CAN 2025 a aussi été un terrain d’épreuves morales. Dans cette tribune, Ahmed Ghayet, acteur associatif et culturel et président de Marocains Pluriels, revient sur un tournoi où, selon lui, le Maroc a choisi la dignité plutôt que l’escalade et l’apaisement plutôt que la revanche.

Le 19/01/2026 à 17h25

Dignes, nous l’avons été tout au long de la CAN, tant nos joueurs sur le terrain: aucun geste déplacé, aucune violence, respect des équipes adverses… que dans les tribunes où nos supporters se sont montrés amicaux avec le public des autres pays.

La CAN que nous avons offerte était d’une qualité exceptionnelle, et grâce à cela c’est tout le continent africain que nous élevions. Malheureusement pour certains pays... au premier rang desquels l’Algérie et l’Égypte. Le voisin s’est d’ailleurs employé à pourrir l’atmosphère du 1er au dernier jour. Il continue d’ailleurs: des Algériens ont célébré notre défaite hier soir à la frontière et des jeunes de cités en France sont sortis pour fêter notre défaite… Dignes, nous restons dignes.

Nous avons aussi été d’une grande dignité face aux mensonges, aux calomnies, aux insultes, au dénigrement dont nous avons été abreuvés tout au long de la CAN: pour certains nous avions «acheté la CAN», ils mettaient ainsi en pratique le vieil adage «calomniez, calomniez… Il en restera toujours quelque chose». Dommage pour eux, avec la Finale telle qu’elle s’est déroulée hier, leur thèse s’est effondrée.

Je n’ai évidemment pas la réponse à ma question mais en vérité, «la défaite» lors de cette Finale n’est-elle pas préférable à une victoire par ce penalty source de contestation, alors que d’après les experts il est incontestable et après que la décision arbitrale a été énoncée.

«Sans doute nous faut-il à présent revoir notre sorte de naïveté qui nous pousse à faire confiance à nombre de pays de ce continent, qui sont loin de la mériter»

—  Ahmed Ghayet

Que n’aurions-nous pas alors subi? Je vous avoue que je me pose la question… Cela aurait été d’une violence inouïe.

Là aussi notre attitude a été celle de la dignité lorsque le fourbe coach sénégalais a ordonné à ses joueurs de quitter le terrain. L’arbitre devait alors signifier que le match était terminé et nous-mêmes ne plus rejouer, mais notre comportement a été celui de l’apaisement.

Sans doute nous faut-il à présent revoir notre sorte de naïveté qui nous pousse à faire confiance à nombre de pays de ce continent, qui sont loin de la mériter.

Prenons garde alors que nous sommes un îlot de progrès à ne pas nous laisser tirer vers le bas…

«Nul ne peut faire boire un cheval qui n’a pas soif», dit le proverbe, l’Afrique n’en serait-elle pas hélas l’illustration?

Par Ahmed Ghayet
Le 19/01/2026 à 17h25