Le360 a constaté, à travers une tournée effectuée dans plusieurs points de vente, un changement net des prix affichés, dans un contexte de forte affluence des consommateurs. Ces derniers se tournent davantage vers le poulet, devenu un choix incontournable sur la table du ftour, ce qui accentue la pression sur le marché durant les premiers jours du mois.
Khalid Ben Wahoud, éleveur de volailles dans la région de Sefrou, a expliqué que «cette hausse est principalement liée à l’augmentation saisonnière de la demande caractéristique du début du Ramadan». Les marchés locaux de Fès et de ses environs ont ainsi connu une hausse soudaine de quatre dirhams par kilogramme, portant le prix à environ 17 dirhams. Dans certaines rôtisseries, le samedi 21 février au matin, le kilo atteignait même près de 19 dirhams, accentuant la pression sur le pouvoir d’achat des citoyens.
Selon l’éleveur, cette augmentation a concerné plusieurs villes du Royaume et s’explique par l’interaction de plusieurs facteurs. Parmi eux, les conditions climatiques qui ont affecté le rythme de production dans les exploitations, la hausse du coût des aliments pour bétail, ainsi que le déséquilibre entre l’offre et la demande typique des premiers jours du mois sacré. Ces éléments ont contribué à réduire les quantités disponibles par rapport au volume de consommation.
L’éleveur rappelle qu’«au cours des périodes précédentes, les prix étaient nettement plus bas: le poulet était vendu à la ferme entre 9 et 10 dirhams le kilogramme, avant d’être proposé au consommateur autour de 12 dirhams». Aujourd’hui, le prix de vente oscille entre 17 et 18 dirhams. Il estime que cet écart important de marge, pouvant atteindre quatre dirhams, nécessite un renforcement du contrôle du marché et une intervention des autorités compétentes afin de protéger le consommateur, garantir la transparence des circuits de distribution et éviter toute hausse injustifiée des prix.
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Il souligne également que le coût des aliments, de l’énergie, du chauffage, les taux de croissance des volailles ainsi que les frais de transport demeurent des éléments déterminants dans la fixation du prix final. Toute augmentation de ces intrants se répercute directement sur les prix de vente. Selon Khalid Ben Wahoud, la situation actuelle ne traduit pas une crise de production, mais plutôt une conjoncture marquée par une hausse de la consommation et certaines contraintes techniques propres au secteur.
Enfin, l’éleveur a insisté sur la nécessité de réunir l’ensemble des intervenants du secteur, du ministère de tutelle aux professionnels, en passant par les éleveurs et les entreprises actives dans les chaînes de distribution, afin de trouver une solution structurelle et pragmatique susceptible de réguler le marché. Il a plaidé pour un «réajustement» permettant d’assurer un véritable équilibre entre les différentes parties prenantes.
L’objectif, conclut-il, est de protéger l’éleveur, considéré comme le maillon le plus fragile de la chaîne de production. Il s’agit également de préserver le pouvoir d’achat des citoyens. Pour y parvenir, il préconise un renforcement des contrôles et une meilleure organisation des circuits de commercialisation. Le but est de garantir un équilibre réel entre l’offre et la demande et de maintenir la stabilité des prix.







