Le procureur du roi près le tribunal de première instance de Casablanca a ordonné l’ouverture d’une enquête visant les agissements d’un réseau spécialisé dans l’octroi de prêts en dehors du cadre légal et des circuits bancaires conventionnels. «Dès la semaine dernière, les éléments de la police judiciaire de la wilaya de sûreté de Casablanca ont commencé l’audition des victimes. Les emprunteurs sont réduits à l’état d’otages par ce groupe d’usuriers, après que le montant des intérêts dus sur des dettes accumulées a été artificiellement multiplié», rapporte Assabah de ce mercredi 25 mars.
Les trois suspects actuellement visés accordaient des prêts assortis d’intérêts excessifs, en contrepartie de chèques de garantie incluant à la fois le capital emprunté et des intérêts mensuels dépassant 10% de la somme prêtée. Selon des sources concordantes, des entrepreneurs et des commerçants, fragilisés par l’arrêt de leurs activités durant la crise du Covid-19, se seraient peu à peu enlisés dans une spirale d’endettement auprès de ces créanciers sans scrupules. Ayant connu des difficultés financières à la faveur de cette période, ils auraient eu recours à ces prédateurs pour se retrouver accablés de dettes colossales, gonflées par le cumul des intérêts de retard.
Les victimes démentent toute relation commerciale avec les membres de ce réseau. Même après avoir remboursé le montant initial, les emprunteurs voyaient les usuriers continuer à percevoir des intérêts illégaux via des chèques supplémentaires qu’ils étaient contraints de fournir. Pis encore, ces intérêts se muaient en nouvelles créances, majorées chaque mois de plus de 10%, obligeant les débiteurs à régler des sommes considérables.
«Face à l’incapacité de rembourser leurs échéances mensuelles, certains furent contraints de souscrire de nouveaux emprunts au sein du même cercle», indique Assabah. Les méthodes criminelles déployées par ce réseau ont parfois poussé les emprunteurs à céder leurs biens par acte notarié, sous la menace d’un dépôt des chèques de garantie au parquet et des risques d’incarcération.








