Plusieurs parents d’élèves se sont rassemblés mercredi matin devant l’école française Adrien Berchet à Tanger pour protester contre les hausses successives des frais de scolarité. Munis de pancartes et de slogans, les manifestants ont exprimé leur colère face à ce qu’ils qualifient de «charges financières lourdes et injustifiées», notamment liées à certaines contributions récemment imposées, comme celles associées aux pensions civiles du personnel expatrié.
Selon les parents mobilisés, ces nouvelles dépenses constituent un fardeau financier croissant pour de nombreuses familles, dans un contexte marqué par un manque de transparence et de vision claire à moyen et long terme. Ils dénoncent également un déficit de concertation avec les représentants des parents d’élèves.
«Nous avons organisé cette mobilisation pour protester contre des augmentations que l’on veut nous imposer, notamment pour financer les pensions civiles des expatriés. Nous refusons de nous retrouver dans cette situation, surtout que certaines familles ne peuvent plus suivre ces hausses et sont contraintes de retirer leurs enfants de ce système», a déclaré Siham Mernissi, parent d’élève, soulignant que les familles ont le sentiment d’être «prises en otage» face à des augmentations répétées.
D’après plusieurs parents, les frais de scolarité suivent une tendance haussière continue depuis plus d’une décennie. Malgré des mobilisations et des courriers adressés à l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), les familles estiment ne pas avoir obtenu de réponses concrètes.
Rachid Mchich, président de l’Union des conseils de parents d’élèves (UCPE) de Tanger, évoque une mobilisation inédite: «Les augmentations ne s’arrêtent pas. Nous demandons moins de hausses et davantage de solutions concernant les frais de scolarité. On nous impute toutes les charges, y compris les frais de retraite des expatriés, ce qui est inconcevable et inacceptable.» Il rappelle que les parents ont déjà participé au financement de travaux urgents et à la relocalisation temporaire de l’établissement.
Même son de cloche du côté de Hasnae Laasri, vice-présidente de l’UCPE de Tanger: «On nous demande de payer toujours plus, alors que nous constatons une baisse visible de la qualité de l’enseignement, des absences répétées et de nombreux problèmes au quotidien.» Elle ajoute que les familles refusent désormais d’assumer de nouvelles charges sans garantie d’amélioration.
Les parents réclament l’ouverture rapide d’un dialogue sérieux et transparent avec les autorités françaises, l’AEFE et l’ensemble des parties prenantes. Ils demandent également des clarifications sur la stratégie de financement des établissements français à l’étranger, tout en réaffirmant leur attachement à un enseignement accessible, équitable et conforme aux valeurs éducatives revendiquées.
La mobilisation intervient après une nouvelle décision d’augmentation des frais de scolarité, supérieure à 6% par année scolaire, une mesure que les manifestants jugent insoutenable pour de nombreuses familles.






