Une tension palpable s’est réinstallée dans plusieurs zones de la région de Souss Massa, suite à l’arrivée massive de dizaines de camions transportant d’importants troupeaux. Ces derniers jours, des heurts ont opposé des éleveurs nomades, originaires de l’extrême sud du Royaume et cherchant à s’établir temporairement dans les montagnes d’Ait Baârmrane, aux habitants sédentaires de la région.
«Ces derniers voient d’un mauvais œil l’installation de ces bergers et de leurs animaux, redoutant pour leurs cultures, souvent leur unique source de revenus», rapporte Al Akhbar ce lundi 2 février. Les nomades, cependant, ont exercé une pression soutenue pour accéder à ces terres, attirés par la repousse de la végétation consécutive aux récentes précipitations, après plusieurs années de sécheresse sévère.
Après des confrontations prolongées, les autorités locales sont intervenues pour désamorcer la crise. Leur décision a été d’interdire le déchargement des troupeaux et de rediriger les éleveurs vers une zone éloignée du secteur. Cette médiation vise prioritairement à préserver la paix sociale, à protéger les précieuses forêts d’arganiers et les terres agricoles exploitées par les populations locales.
Contraints et à contrecœur, les éleveurs ont accepté de se replier, renonçant ainsi à leur espoir de s’établir sur ces hauteurs reverdies. Cet épisode n’est malheureusement pas isolé. Depuis des années, la région de Souss-Massa est le théâtre d’affrontements récurrents, parfois violents, entre communautés. Ces conflits se traduisent par des agressions physiques, la destruction de clôtures, de cultures (arganiers, amandiers, caroubier), de récoltes, voire de biens matériels.
Le cœur du litige réside dans le refus catégorique des sédentaires d’autoriser le pâturage des troupeaux nomades dans les parcours forestiers et pastoraux entourant leurs douars et villages. Ces espaces, déjà extrêmement vulnérables en raison de la sécheresse et du déclin de l’activité agricole, cristallisent la compétition pour des ressources rares.
«Cette situation de fragilité chronique exige une intervention résolue et la mise en œuvre de mesures appropriées, notamment l’activation effective de la loi pastorale n° 113.13», note Al Akhbar. Dans cette optique, le ministère de l’Intérieur et celui de l’Agriculture envisagent de nommer des auxiliaires assermentés chargés de réguler les déplacements des troupeaux et de veiller à l’équilibre délicat entre préservation des écosystèmes et droit d’accès aux pâturages.








