Souks hebdomadaires: plaintes à propos de passations de marchés publics dans des conditions opaques

La passation des marchés publics est régie par un cadre législatif définissant le mode d'élection de l'adjudicataire.

Revue de presseSoutenus par des clans familiaux se prévalant de connexions avec les élus de différentes communes, des entrepreneurs s’accaparent la plupart des marchés publics relatifs à la location et l’exploitation des souks hebdomadaires de plusieurs régions du Royaume. Des soumissionnaires lésés, qui ont porté plainte, dénoncent l’opacité de ces passations de marchés publics, de même que l’accaparement qui en résulte. Les détails, dans cette revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 18/03/2026 à 20h09

Le constat est récurrent: des appels d’offres relatifs à la location et l’exploitation de souks dans différentes régions du Royaume sont souvent remportés par les mêmes entreprises, créées par des entrepreneurs se prévalant de liens familiaux ayant des connexions avec des élus dans les communes mêmes où ces marchés hebdomadaires se tiennent. Une série de plaintes ont été déposées auprès des autorités par les concurrents de ces appels d’offres, qui se sont retrouvés à être écartés de ces marchés publics par des manœuvres qui, ont-ils dénoncé, sont orchestrées par des élus, ou à cause de circuits administratifs opaques, spécifiquement balisés pour ces entrepreneurs «bien introduits», indiquent des sources informées au quotidien Assabah de ce jeudi 19 mars. Selon le quotidien, «un lobby aurait mis la main sur cette activité, qu’il manipule, via des intermédiaires dans certaines provinces».

Les sources interrogées par le quotidien citent le souk hebdomadaire Al Arbiaâ, de la commune de Sidi Slimane, où une entreprise a déposé le 16 février dernier un dossier complet dans les délais prévus, sans avoir pu participer à l’ouverture des plis. Dans sa plainte, l’entrepreneur qui se déclare lésé a évoqué «des manœuvres orchestrées par des fonctionnaires proches du président de la commune, afin de l’écarter, même si le dossier présenté répondait aux critères demandés dans le cahier des charges, avec une offre supérieure à celle de la société qui a remporté le marché».

Une manœuvre identique, ont ajouté les sources du quotidien, a également été constatée au cours de l’ouverture des plis d’un autre appel d’offres, le 4 décembre 2025. Par la suite, les quatre concurrents qui se sont retrouvés à être éliminés se sont eux aussi adressés aux autorités.

Ces dénonciations de faits de concurrence déloyale et de non-respect des principes de transparence et d’égalité appellent à une révision de la législation régissant l’attribution des marchés publics dans cette activité, la promulgation de cette loi datant de 1962. Des amendements qui lui seraient apportés permettraient de réhabiliter les souks et leurs infrastructures, tout en modernisant leurs modes de gestion, par l’amélioration de leur suivi et de leur contrôle.

Par La Rédaction
Le 18/03/2026 à 20h09