Santé publique: avant l’ouverture d’un nouveau round de négociations, un triple contentieux social en suspens

Le ministre de la Santé, Amine Tahraoui.

Amine Tahraoui, ministre de la Santé.

Revue de presseAlors que les représentants du Syndicat national de la santé vont entamer une nouvelle session de pourparlers avec leur ministère de tutelle, des accords auparavant conclus et non appliqués pèsent sur les échanges à venir. Trois projets de décrets, aux implications majeures sur l’organisation des ressources humaines et la stratégie sanitaire nationale, cristallisent ces tensions et reflètent la complexité de négociations à plusieurs vitesses. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 22/02/2026 à 19h33

Affilié à la Confédération démocratique du travail (CDT), le Syndicat national de la santé annonce l’ouverture prochaine d’une nouvelle session de négociations avec le ministère de la Santé. Cette initiative intervient dans un climat marqué par la persistance de blocages dans l’application des dispositions de l’accord conclu le 23 juillet 2024 avec le gouvernement. Au cœur des discussions, trois projets de décrets aux incidences directes sur les équilibres humains et organisationnels du secteur, relaie Al Ahdath Al Maghribia de ce lundi 23 février.

Le premier texte concerne les mutations du personnel affecté dans les établissements médicaux placés sous la tutelle du ministère de la Santé, un mécanisme dont les effets en chaîne sur la répartition des effectifs et la stabilité des cadres de santé suscitent de vives inquiétudes. Vient ensuite le décret relatif aux programmes sanitaires, élaboré dans le contexte de la restructuration des soins médicaux et du réajustement des priorités d’investissements publics. Enfin, le troisième volet propose de réviser à la baisse le laps de temps dédié au service obligatoire imposé aux médecins spécialistes, après l’obtention de leur diplôme, qui passerait de huit à trois années. Cette mesure a été pensée afin de «renforcer l’attractivité des carrières médicales», signale le quotidien, précisant qu’elle permet aussi d’«endiguer la pénurie chronique de praticiens».

Les représentants syndicaux précisent que ces réunions s’inscrivent dans un cadre distinct de celui de l’accord qui avait été conclu le 26 janvier 2024, dont les clauses sont examinées en parallèle. Cette configuration témoigne de la multiplication des processus de ce dialogue social, et de «la ramification croissante des dossiers soumis à la concertation dans le secteur de la santé», écrit le quotidien.

Trois enjeux majeurs caractérisent ces discussions: le coût des ressources humaines, la motivation des compétences et l’efficience de la dépense publique. La question des mutations du personnel affecté dans différents établissements de santé, au-delà de ses implications sociales, pèse aussi sur la performance de ces établissements placés sous la tutelle du ministère de la Santé. Quant aux programmes sanitaires, ils conditionnent l’orientation des budgets sectoriels et la nécessaire convergence avec les Groupements sanitaires territoriaux (GST). En ce qui concerne l’engagement des médecins spécialistes, la réduction de leur temps de service obligatoire pourrait être un «levier en faveur de la formation publique» et un «frein à l’exode des compétences», indique Al Ahdath Al Maghribia.

Cet engagement soulève toutefois une question, jugée «délicate»: celle de la continuité des soins dans les zones médicalement sous-dotées (les «déserts médicaux»). Dans ce contexte, les responsables syndicaux déplorent les retards accumulés dans la publication des textes d’application des lois déjà votées, qu’ils jugent «préjudiciable à la confiance entre les parties» et à l’«effectivité des réformes censées accompagner les profondes mutations» du système de santé dans le pays.

Par La Rédaction
Le 22/02/2026 à 19h33