Reconstruction post-séisme: à l’ENA, l’architecte japonais Hiroto Kobayashi partage son approche

L'architecte japonais Hiroto Kobayashi partageant son approche de la reconstruction post-séisme à l'ENA, à Rabat, jeudi 26 mars 2026.

Invité à l’École nationale d’architecture de Rabat, l’architecte japonais Hiroto Kobayashi a présenté sa vision de la reconstruction post-séisme. Devant une salle comble, il a plaidé pour une approche ancrée dans les réalités locales, fondée sur l’écoute des populations et l’adaptation des modèles aux contextes de terrain.

Le 29/03/2026 à 12h35

Ce jeudi 26 mars, la bibliothèque de l’École nationale d’architecture de Rabat n’a pas suffi à contenir l’affluence. Très vite, des chaises ont été ajoutées à la hâte pour accueillir les retardataires, tandis que d’autres sont restés debout, adossés aux murs, attentifs au moindre mot. L’intervention de Hiroto Kobayashi, figure reconnue de l’architecture japonaise, a suscité un intérêt dépassant largement le cadre académique.

Invité dans le cadre d’une conférence consacrée à la reconstruction post-catastrophes, l’architecte est venu partager une expérience forgée sur le terrain, notamment au Maroc, dans les zones touchées par le récent tremblement de terre.

À la suite de ce drame qui a frappé la région d’Al Haouz, Hiroto Kobayashi et ses équipes se sont rendus dans les zones montagneuses de l’Atlas. Sur place, la réalité est brutale: des populations souvent isolées, disposant de moyens limités pour reconstruire leur habitat. Face à cette situation, l’architecte explique avoir cherché à proposer des solutions concrètes. Mais très vite, une évidence s’est imposée: transposer un modèle japonais tel quel n’a pas de sens.

S’adapter plutôt qu’imposer

La différence des cultures de construction constitue l’un des principaux défis. Entre les techniques japonaises et les pratiques locales, l’écart est réel. Plutôt que d’imposer une méthode, Hiroto Kobayashi choisit une autre voie. Le dialogue devient alors central. Échanger avec les habitants, comprendre leurs attentes, observer leurs habitudes de construction. Une démarche progressive qui permet, selon lui, de mieux cerner les besoins réels et d’éviter les solutions déconnectées du terrain.

Face aux étudiants de l’ENA, l’architecte insiste sur le rôle clé des nouvelles générations. Il voit en elles une volonté forte de s’engager dans des projets concrets, capables d’avoir un impact direct sur la vie des populations. Reconstruire ne se limite pas à ériger des murs. Il s’agit aussi de permettre aux habitants de retrouver un cadre de vie, une stabilité, une forme de dignité, dit-il. Une dimension humaine que Hiroto Kobayashi place au centre de son approche.

Cette rencontre pourrait bien faire date. L’architecte japonais évoque déjà des perspectives de collaboration avec l’École nationale d’architecture, et au-delà, avec d’autres institutions.

Dans une salle encore animée par les échanges qui ont suivi la conférence, une conviction s’impose peu à peu: la reconstruction ne se joue pas uniquement sur les chantiers. Elle se façonne aussi dans ces espaces de transmission, à la croisée des savoirs, entre experts et étudiants, entre expériences internationales et réalités locales. À Rabat, ce jour-là, plus qu’une conférence, c’est peut-être une dynamique qui s’est amorcée.

Par Faiza Rhoul et Khadija Sabbar
Le 29/03/2026 à 12h35