Ramadan: le vêtement traditionnel, héritage culturel et dynamisme économique

Des vêtements traditionnels marocains.

Revue de presseÀ l’approche du mois de Ramadan, le marché du vêtement traditionnel connaît un regain d’activité remarquable. Entre attachement aux traditions, valorisation du savoir-faire artisanal et adaptation aux tendances contemporaines, jellabas, caftans et tenues traditionnelles confirment leur place centrale dans le quotidien et l’identité culturelle des Marocains, malgré la hausse des coûts de production. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah

Le 10/02/2026 à 19h52

Le marché des vêtements traditionnels marocains connaît, à l’approche de chaque occasion religieuse et plus particulièrement du mois de Ramadan, une dynamique remarquable qui témoigne de l’attachement profond des Marocains à leur héritage vestimentaire. L’habit traditionnel dépasse largement sa fonction utilitaire pour devenir un symbole chargé de mémoire, d’identité et d’appartenance culturelle. «Durant cette période, les boutiques de vente et les ateliers de couture spécialisés enregistrent une affluence notable, aussi bien de la part des femmes que des hommes», écrit le quotidien Assabah dans son édition du mercredi 11 février.

Dans les médinas et les marchés populaires, les ruelles se transforment en véritables ateliers à ciel ouvert où se mêlent le bruit des machines à coudre et les discussions animées autour des tissus, des couleurs, des broderies et des prix.

Citée par Assabah, Latifa Al-Marrakchia, propriétaire d’un atelier de couture traditionnelle à Inezgane, explique que le mois de Ramadan représente un moment clé pour la relance de l’artisanat vestimentaire traditionnel. Elle souligne que la femme marocaine demeure fidèle au vêtement confectionné sur mesure, convaincue que la qualité d’une pièce ne se mesure pas uniquement à son coût, mais également au temps consacré à sa réalisation, à la précision des finitions et au savoir-faire artisanal qui la caractérise. Elle précise que la jellaba féminine brodée figure en tête des commandes durant cette saison, notamment celles réalisées selon les techniques traditionnelles de la «randa» et du «jawhar». Les prix de ces modèles varient généralement entre 1 200 et 3 000 dirhams, en fonction du type de couture et du niveau de broderie.

Parallèlement, la jellaba dite «beldia», plus légère et adaptée à un usage quotidien pendant le Ramadan, conserve une forte popularité auprès des femmes. Son prix, oscillant entre 600 et 1 200 dirhams, en fait une tenue accessible qui conjugue confort et attachement à l’identité marocaine. La takchita marocaine connaît également une demande soutenue, notamment à l’approche de l’Aïd Al-Fitr, avec des prix allant de 2 500 à 4 000 dirhams selon la qualité du tissu et la richesse des broderies. Quant au caftan marocain, il continue de s’imposer comme une pièce emblématique et intemporelle, très prisée par les femmes recherchant une tenue élégante et raffinée tout en respectant les codes vestimentaires traditionnels. Les modèles simples débutent autour de 2 500 dirhams, tandis que les créations luxueuses confectionnées en soie naturelle et richement brodées à la main peuvent dépasser les 10 000 dirhams.

Du côté de la couture masculine, et également cité par Assabah, l’artisan Mohamed Soufi confirme que le mois sacré constitue aussi une période de forte activité pour les tailleurs spécialisés. Il explique que la jellaba masculine demeure la pièce la plus demandée, particulièrement celles réalisées en laine légère ou en tissu « oubar », dont les prix varient entre 800 et 2 000 dirhams selon la qualité du textile et la finesse de la coupe. Certaines variantes, telles que les jellabas dites «malaïkia» ornées d’ornements traditionnels ou les jellabas de style «makhzania», connaissent une popularité croissante auprès d’une clientèle variée, hommes et femmes confondus. Les prix de ces modèles se situent généralement entre 1 800 et 2 500 dirhams pour les pièces standards, et peuvent atteindre 3 000 dirhams pour les réalisations entièrement artisanales.

Mohamed Soufi ajoute que la jellaba masculine et le selham, également appelé burnous, occupent une place importante lors des soirées ramadanesques et des célébrations de l’Aïd. Ces pièces, symboles d’élégance et de prestige, sont proposées à des prix compris entre 1 500 et 2 800 dirhams, en fonction de la qualité des tissus et du degré de travail manuel. Par ailleurs, la tenue traditionnelle composée du «qamis» associé au pantalon traditionnel, appelée communément «badla traditionnelle», suscite un intérêt particulier auprès des jeunes générations. Elle offre un compromis apprécié entre modernité et héritage culturel, avec des prix oscillant entre 700 et 1 500 dirhams, ce qui la rend accessible à une large clientèle.

Cette forte demande pour les vêtements traditionnels ne se limite pas à un phénomène saisonnier. Elle reflète l’importance de l’habit traditionnel dans l’imaginaire collectif marocain, où il incarne la fierté identitaire et la volonté de préserver les racines culturelles. Malgré l’augmentation des prix observée ces dernières années, due à la hausse du coût des matières premières et de la main-d’œuvre artisanale, l’engouement des consommateurs demeure intact. Cette tendance confirme que le vêtement traditionnel n’est pas perçu comme un simple luxe, mais comme un élément essentiel du quotidien et du patrimoine vivant du Maroc.

Par La Rédaction
Le 10/02/2026 à 19h52