Un jeune homme a été placé en détention provisoire à la prison d’El Arjat 2, à Salé, sur décision du parquet près le tribunal de première instance de Rabat, après avoir été présenté devant le ministère public à l’issue de son interrogatoire. «L’intéressé est poursuivi pour plusieurs délits, notamment pour avoir publiquement rompu le jeûne durant le mois de Ramadan, consommé des substances stupéfiantes et proféré des insultes à l’encontre de policiers lors d’une intervention destinée à mettre fin à son comportement jugé dangereux», indique le quotidien Assabah dans son édition du week-end du 7 et 8 mars.
L’interpellation du suspect est intervenue après qu’il eut semé l’inquiétude dans un quartier populaire de la capitale administrative du Royaume, où il aurait menacé de commettre un acte criminel. Alertés par la situation, des agents de police se sont rendus sur place pour tenter de maîtriser l’individu. À leur arrivée, celui-ci aurait été pris d’une crise d’hystérie, menaçant de s’en prendre à lui-même et adoptant une attitude agressive envers toute personne qui tentait de l’approcher.
À la lumière des procès-verbaux dressés par les services de police judiciaire et des aveux consignés dans le cadre de l’enquête, le parquet a retenu contre lui quatre délits. Il s’agit de la rupture publique du jeûne pendant la journée du Ramadan, de la consommation d’une substance considérée comme stupéfiante, d’injures publiques ainsi que de menaces de commettre un crime.
Mardi dernier, le ministère public avait déjà ordonné son placement en garde à vue afin de permettre l’approfondissement de l’enquête. Les policiers avaient alors constaté que le suspect consommait des stupéfiants et mangeait en plein jour durant le mois de Ramadan, tout en proférant des propos insultants à l’égard des éléments de la patrouille intervenus sur les lieux. «Lors de son audition, l’intéressé a reconnu les faits consignés dans un procès-verbal officiel qu’il a signé de son plein gré», écrit Assabah.
Au cours de l’enquête, il a également fourni l’identité du présumé vendeur de drogue auprès duquel il aurait acheté les substances qu’il consommait. Sur la base de ces déclarations et des informations recueillies, la police judiciaire a ouvert une procédure de recherche au niveau local afin d’identifier et de localiser le fournisseur présumé.
Une fois l’interrogatoire achevé, le mis en cause a été présenté au juge chargé des flagrants délits près le tribunal de première instance de Rabat. Lors de l’audience, il a sollicité un délai afin de pouvoir constituer un avocat pour assurer sa défense. La demande a été acceptée par le tribunal, qui a décidé de reporter l’examen de l’affaire à jeudi prochain.
Durant son audition, le prévenu a affirmé souffrir de problèmes de santé l’empêchant de jeûner pendant le mois de Ramadan. Il a également déclaré être de confession musulmane et vivre dans des conditions sociales difficiles. Toutefois, les autorités judiciaires ont estimé que son comportement lors de l’intervention policière, notamment les menaces de meurtre proférées sur la voie publique, les insultes adressées aux agents et la consommation de stupéfiants, constituait un ensemble de faits suffisamment graves pour justifier son placement en détention provisoire.
Le parquet a ainsi motivé sa décision par la gravité des actes reprochés, parmi lesquels figure le délit de rupture publique du jeûne. Le suspect restera donc incarcéré à la prison d’El Arjat 2 dans l’attente de la prochaine audience au cours de laquelle la justice devra se prononcer sur les faits qui lui sont reprochés.








