Pluies généreuses, neige abondante sur les sommets et air plus frais, le Maroc bénéficie d’un épisode hivernal salutaire après plusieurs saisons marquées par le déficit hydrique. «Nous vivons actuellement une configuration météorologique atypique résultant d’un changement majeur dans la distribution des pressions sur l’Atlantique Nord», souligne la Direction générale de la météorologie (DGM).
Les dépressions circulent d’habitude sur des trajectoires nordiques. Cependant, l’installation d’anticyclones puissants et stables près du pôle Nord bloque ces courants habituels. Résultat: les dépressions atlantiques sont poussées vers le sud, plaçant le Maroc et l’ouest de la Méditerranée directement sur leur chemin, détaille-t-on.
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Le contraste thermique entre l’air polaire d’Amérique du Nord et l’air chaud tropical booste le Jet Stream. Ce courant d’altitude transporte d’énormes quantités de vapeur d’eau sous forme de rivières atmosphériques (Atmospheric Rivers). Cette humidité, transportée sur de longues distances, constitue un réservoir massif de vapeur d’eau. Lorsqu’elle interagit avec les systèmes dépressionnaires, l’air froid en altitude d’une part et le relief marocain (Rif, Atlas) d’autre part, elle génère des précipitations et des chutes de neige à large étendue spatio-temporelle, poursuit-on.
Les reliefs ont été les premiers à témoigner de l’ampleur de l’épisode. En l’espace de quelques jours, les chutes de neige ont atteint des niveaux rarement observés. Au sommet du Jbel Tidghine, dans le Rif, le manteau neigeux a dépassé les deux mètres cinquante. Le Jbel Hayane a enregistré plus de 1,20 mètre, tandis que certaines localités de la province de Midelt, notamment Anemzi, ont vu la neige s’accumuler sur plus de 1,20 mètre également. À Michlifen, près d’Ifrane, les hauteurs ont avoisiné les 70 centimètres, indique la DGM.
Ces accumulations constituent une réserve précieuse de ressources hydriques. La neige stockée sur les sommets alimentera progressivement les cours d’eau et les nappes souterraines au moment de la fonte, contribuant au remplissage des barrages et à la recharge hydrique après plusieurs saisons déficitaires.
Cet épisode s’inscrit dans un régime de temps peu habituel. L’arrivée répétée de flux humides, combinée à la présence d’air froid, entretient une instabilité durable. Les périodes pluvieuses se succèdent, les températures restent basses et les vents soufflent parfois avec vigueur. Des conditions qui, tout en appelant à la prudence face aux variations rapides de la météo, restent globalement favorables pour les ressources en eau du pays, conclut la DGM.








