Les scrutins à venir, dont le vote des électeurs est prévu le 23 septembre 2026, approchant, l’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM) s’adresse aux leaders des partis politiques pour les enjoindre à adopter des engagements concrets afin d’accroître le nombre de candidates dans les différentes circonscriptions législatives des différentes régions. L’association préconise d’’instaurer un taux minimal de 30% de candidatures féminines, en particulier dans ce qui est qualifié de «circonscriptions électorales verrouillées», où les chances de victoire sont assurées pour des partis où les votes de l’électorat leur sont acquis. Cette mesure pourrait permettre de pallier des lacunes à propos du seuil de la représentativité féminine, fixé par les termes de la loi organique de la Chambre des représentants, relaie Al Ahdath Al Maghribia de ce jeudi 2 avril.
Dans cette communication, adressée aux secrétaires généraux des différents partis, les leaders de l’ADFM insistent sur le fait qu’il sera nécessaire d’établir des critères clairs pour sélectionner les candidates et les candidats, qui se fondent sur leurs compétence et leur sens des responsabilités. L’ONG appelle aussi à une amélioration de la législation en la matière, afin de mettre fin à diverses formes de discriminations et de violences d’ores et déjà identifiées par ses militantes.
L’association demande également aux leaders des différentes formations politiques qu’un soutien moral et matériel soit apporté aux femmes ayant été pressenties comme candidates, en leur permettant d’instaurer, en bénéficiant de l’expérience d’aîné(e)s, des stratégies adaptées, à même de leur permettre de maîtriser la gestion d’une campagne électorale.
Dans cette lettre, les militantes de l’ADFM rappellent que plus de quinze ans après l’adoption de la Constitution de 2011, consacrant l’égalité des genres, et se donnant pour but de réaliser le principe de la parité, les statistiques révèlent aujourd’hui encore un fossé préoccupant entre les textes de loi et la réalité des faits. La proportion des députées n’excède pas 24,3%, et elles ne sont que 11 à 12% à la Chambre des conseillers. Par ailleurs, le taux d’adhésion des femmes dans les partis politiques se situe entre 8 et 9%, alors même qu’elles sont plus de la moitié des électeurs.
Pour les militantes de l’ADFM, «cette situation ne reflète pas seulement la persistance des mécanismes d’exclusion, mais révèle également l’absence d’une volonté politique réelle de mettre en œuvre le principe de parité, ce qui limite l’accès des femmes aux instances décisionnelles». Dès lors, les engagements constitutionnels et internationaux du Maroc restent prisonniers de la législation, et ne se traduisent toujours pas en politiques publiques et en mesures concrètes.
L’association estime que les répercussions de cette situation sur la démocratie et la pratique politique ne sont pas simplement inquiétantes. «Elles affectent en effet profondément la crédibilité du processus démocratique, au regard du traitement circonstanciel et saisonnier que les partis réservent à la participation politique des femmes», écrit Al Ahdath Al Maghribia. Entre l’esprit de la Constitution promulguée en 2011 et la réalité de l’action politique, tout l’enjeu réside aujourd’hui dans la capacité des leaders des partis à passer d’une logique d’engagement formel à un véritable acte politique, à même de garantir une présence influente des femmes dans les centres de décision, ce qui pourrait, de fait, incarner l’esprit de la loi fondamentale du pays.




