Un dimanche qui devait ressembler à tant d’autres tournées administratives s’est soudain transformé en scène inattendue dans les rues de Martil. Alors qu’il inspectait l’avancement de plusieurs chantiers destinés à réparer les dégâts causés par les récentes inondations et à remettre en état les réseaux routiers ainsi que l’éclairage public, le président du conseil communal de la ville, Mohamed Al Arabi Mrabet, a été pris à partie par une protagoniste pour le moins imprévisible: une chienne errante, relaie Al Akhbar de ce mardi 10 mars.
La visite sur le terrain, effectuée à travers plusieurs quartiers de cette ville du nord du Maroc, s’inscrivait «dans une série de déplacements qui permettent de vérifier l’état des infrastructures, écouter les doléances des habitants concernant la propreté urbaine ou la dégradation de certains équipements sanitaires, et à suivre l’application de décisions issues de réunions précédentes portant notamment sur les cahiers des charges liés à la gestion déléguée de certains services publics». Rien, dans ce programme méthodique d’inspection municipale, ne laissait présager l’irruption d’un épisode aussi inattendu.
L’incident s’est produit lorsque l’élu s’est approché d’un endroit où se trouvait une chienne accompagnée de ses petits, a-t-on pu lire. L’animal, vraisemblablement effrayé, aurait brusquement réagi en mordant l’élu. L’attaque, bien que soudaine, ne lui a heureusement causé que des blessures légères. Le maire a rapidement reçu les soins et a été vacciné contre la rage, afin d’éviter toute complication potentielle, au cas où la chienne aurait été porteuse de la maladie.
Cet incident, qui pourrait paraître anecdotique à première vue, a pourtant ravivé un débat ancien et persistant dans plusieurs villes du nord du pays. Depuis des années, la question des chiens errants alimente les discussions publiques et les critiques adressées aux conseils communaux, notamment dans les localités de M’diq, Tétouan, Martil ou Fnideq. La présence de ces animaux dans les rues, sur les corniches, aux abords des écoles et devant certaines administrations publiques inquiète, les habitants redoutant des attaques, mais aussi la propagation de la rage, une maladie redoutée. Dans de nombreux quartiers, la cohabitation entre les habitants et des meutes de chiens errants est devenue un élément banal du paysage urbain. À la tombée de la nuit, les groupes d’animaux parcourent les avenues, fouillent les conteneurs d’ordures et se rassemblent parfois près des restaurants ou des établissements de restauration rapide, attirés par les poubelles. Cette abondance relative de nourriture explique en partie leur retour rapide en ville, même lorsque les autorités tentent de les éloigner.
Les communes concernées par la multiplication des chiens errants ont déjà expérimenté différentes méthodes pour réduire leur présence. Parmi celles-ci, le ramassage des chiens par les services d’hygiène municipaux, leur transport vers des zones forestières voisines, puis leur remise en liberté. Une solution semblait pouvoir éloigner le problème des centres urbains. En réalité, ces animaux reviennent en ville en quelques jours seulement, guidés par leur instinct et par la perspective de trouver de la nourriture plus accessible dans les zones habitées.








