Laylat Al-Qadr: voici comment Tanger et Agadir ont célébré cette nuit entre foi, traditions et premier jeûne des enfants

Des hommes prient à la mosquée Mohammed VI, à Agadir, lors de Laylat Al-Qadr. (M.Oubarka/Le360)

Le 17/03/2026 à 16h30

VidéoÀ travers tout le Maroc, Laylat Al-Qadr se vit dans une ferveur particulière. Entre prières nocturnes, récitations coraniques et visites familiales, Tanger et Agadir dévoilent une célébration qui mêle spiritualité, traditions ancestrales et joie des enfants célébrant leur premier jeûne. Cette nuit sacrée devient ainsi un moment unique de partage, de foi et de transmission culturelle.

Avec l’arrivée des dernières nuits du mois de Ramadan, Laylat Al-Qadr se vit avec intensité à travers tout le Maroc. Tanger et Agadir offrent chacune un aperçu des rituels, des traditions et des célébrations qui marquent ce moment exceptionnel.

À Tanger, cette nuit revêt un caractère à la fois religieux et familial. Les habitants des différents quartiers se rassemblent pour les prières nocturnes, la récitation du Coran et la visite des proches, dans un esprit de solidarité et de partage social. Comme le souligne Salma, citoyenne tangéroise adolescente: «Cette nuit bénie renforce les liens et permet de visiter proches et amis. L’essentiel, c’est le rassemblement familial, c’est ce qui rend cette nuit si précieuse.»

Les aînés de Tanger insistent sur l’importance de préserver ces traditions religieuses et familiales. Bouchaib décrit l’atmosphère de Laylat Al-Qadr comme «une ambiance profondément spirituelle, qui revient chaque année avec un engouement croissant pour les mosquées et les prières», tandis que Karim souligne que cette nuit exceptionnelle reste intimement liée aux coutumes et aux rites transmis de génération en génération et que son respect permet de maintenir vivantes les valeurs de ce mois sacré.

Mais Tanger se distingue aussi par une dimension festive dédiée aux enfants, célébrant leur premier jeûne. Des dizaines de familles conduisent leurs enfants vers des studios de photographie pour immortaliser ce moment, souvent après les avoir habillés en tenues traditionnelles du nord. Les filles choisissent notamment la «chedda chamaliya» ou des robes de princesse et se font décorer les mains au henné. Les garçons, eux, portent la djellaba, la balgha ou la gandoura. Amr Dafouf, responsable d’un studio, explique: «Les parents veulent rendre heureux leurs enfants en créant un souvenir qu’ils garderont de leur premier jeûne.»

À Agadir, Laylat Al-Qadr est également l’occasion de moments spirituels intenses, notamment au sein de la mosquée Mohammed VI, inaugurée au début du Ramadan. Les fidèles, venus de tous les quartiers de la ville, participent aux prières nocturnes et aux récitations coraniques.

Said Mesoudi, habitant de la ville, décrit cette ambiance: «Aujourd’hui, nous sommes venus à la mosquée Mohammed VI pour Laylat Al-Qadr. C’est une nuit bénie, remplie de grâces divines, durant laquelle nous accomplissons de bonnes actions.»

Comme à Tanger, les traditions culinaires et familiales rythment la célébration. Les habitants partagent des repas tels que le couscous ou la rfissa et multiplient les visites à leurs proches. Laylat Al-Qadr devient ainsi un moment de renforcement des liens familiaux et sociaux, mais aussi d’introspection spirituelle.

Qu’il s’agisse de Tanger, de Tétouan ou d’Agadir, Laylat Al-Qadr conjugue foi, traditions et festivités. Cette nuit sacrée reste une occasion unique de transmettre la culture et les valeurs religieuses aux nouvelles générations, tout en resserrant les liens familiaux et communautaires dans l’ensemble du Royaume.

Par Said Kadry et M'hand Oubarka
Le 17/03/2026 à 16h30