L'arabe et l'amazigh dans les écoles étrangères? L'avis du CSEFRS, saisi par le chef du gouvernement sortant

Entrée principale du lycée Lyautey, Casablanca. Cet établissement scolaire relève de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE). L'arabe y est déjà enseigné, par des professeurs du ministère marocain de l'Education nationale.
Entrée principale du lycée Lyautey, Casablanca. Cet établissement scolaire relève de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE). L'arabe y est déjà enseigné, par des professeurs du ministère marocain de l'Education nationale. . Khalil Essalak / Le360

Interpellés le 19 juillet dernier par El Othmani sur le projet de loi-cadre 59.21 sur l'enseignement, les membres du Conseil supérieur de l'éducation, de la formation et de la recherche Scientifique (CSEFRS), viennent de rendre public leur rapport, y compris sur la question d'enseigner les langues arabe et amazighe dans les missions étrangères.

Le 30/12/2021 à 11h31

Faut-il enseigner aux élèves marocains l'arabe et l'amazigh, langues officielles du Royaume, dans les établissements scolaires étrangers implantés dans notre pays? Saisis sur cette question évoquée dans le projet de loi-cadre 59.21 sur l'enseignement, par Saâd-Eddine El Othmani, chef du gouvernement alors sortant, le 19 juillet 2021, les membres du CSEFRS viennent de livrer, dans un document global, leur verdict, portant notamment sur cette question.

Après avoir examiné le cadre d’exercice dans lequel évoluent les établissements scolaires étrangers installés au Maroc, dans le contexte de l'instauration de coopérations bilatérales avec différents pays, pour les membres du Conseil supérieur de l’éducation, il sera nécessaire de rendre plus explicite, dans les termes de la future loi-cadre de l'enseignement, l'engagement de la direction pédagogique de ces établissements implantés au Maroc, à veiller à enseigner aux élèves marocains les langues officielles du Royaume: l'arabe et l'amazigh.

Les membres du CSEFRS recommandent donc, dans le rapport qu'ils ont livré, après avoir été interpellés sur cette question, d’«enseigner les deux langues officielles au Royaume, l’arabe et l’amazigh, [à] l’ensemble des étudiants marocains qui suivent leurs études dans des missions étrangères, ainsi que les matières nécessaires à leur faire découvrir leur histoire, leur culture et leur identité nationales, et ce, en vertu de l’article 31 de la loi cadre 51.17».

Pour les écoles privées qui ont instauré un programme d'enseignement étranger, délivré aux élèves marocains, les membres de cette instance préconisent d'instituer un cadre juridique clair qui définira les règles de fonctionnement de cet enseignement, le domaine d’intervention des autorités et le mécanisme de suivi et d’évaluation à instaurer. Selon eux, le but en sera de clarifier et d’encadrer les programmes pédagogiques délivrés aux élèves de ces établissements qui ne relèvent pas de l'enseignement public.

En ce qui concerne les établissements privés qui ont adopté les programmes élaborés par le ministère de l'Education nationale, les membres du CSEFRS ont entre autres évoqué dans leur rapport, le fait qu'il sera nécessaire de bien définir le rôle et les objectifs de ces établissement dans cette loi-cadre. Ils insistent, de plus, sur le devoir de définir les mécanismes à venir en ce qui concerne d'organisation et la formation des enseignants, qui devront être unifiées, et similaires à celles de l'enseignement délivré dans les établissements publics, placés sous la tutelle du ministère de l'Education nationale.

Par Safae Hadri
Le 30/12/2021 à 11h31