L’Office des changes marocain a récemment révélé que les investisseurs marocains ont transféré près de 3,94 milliards de dirhams à l’étranger au cours des deux premiers mois de cette année, soit environ 400 milliards de centimes, marquant une hausse de 3,6% par rapport à la même période de l’an dernier.
«Selon la législation en vigueur, les entreprises sont autorisées à transférer jusqu’à 200 millions de dirhams par an pour financer leurs projets et couvrir l’ensemble des dépenses liées», rappelle le quotidien Assabah dans son édition du vendredi 10 avril. Les institutions financières ont la responsabilité, conformément aux directives générales du Bureau des changes, de traiter toutes les procédures liées aux transferts financiers internationaux, notamment pour le paiement des biens importés. Le rôle des banques consiste également à constituer un dossier complet rassemblant tous les documents permettant de contrôler les opérations d’importation et de les mettre à la disposition des inspecteurs du Bureau des changes pour s’assurer du respect des règles légales en matière de change.
Le Bureau des changes suit de près les mouvements des capitaux marocains et surveille leurs revenus afin de prévenir tout détournement des facilités accordées aux investisseurs pour transférer de l’argent à l’étranger. Les inspecteurs du Bureau examinent minutieusement les investissements réalisés par les Marocains hors du territoire national pour s’assurer qu’ils respectent les dispositions légales.
Les investisseurs marocains à l’étranger doivent rapatrier les revenus de leurs investissements ainsi que tout produit issu de la cession de projets financés par des transferts internationaux. Le Bureau des changes vérifie les documents comptables liés à ces dépenses afin de contrôler les recettes et les profits générés et de s’assurer que les investisseurs respectent les délais imposés pour le rapatriement de ces bénéfices. «Jusqu’à la fin février, le Bureau avait enregistré le rapatriement de revenus d’investissement à hauteur de 2,456 milliards de dirhams, soit environ 250 milliards de centimes», indique Assabah.
Les investissements marocains en Afrique, et plus particulièrement dans les pays d’Afrique subsaharienne, connaissent une progression constante. Cette région représente 88 % du total des investissements marocains en Afrique et environ 54,3% de l’ensemble des investissements marocains à l’étranger. Grâce à cette dynamique, le Maroc s’est imposé au cours de la dernière décennie comme le deuxième investisseur du continent africain et le premier dans les pays de l’Afrique de l’Ouest.
Ces investissements s’étendent sur plusieurs secteurs clés. Le secteur bancaire occupe la première place, représentant environ 52% des investissements marocains en Afrique. Les banques marocaines, présentes dans de nombreux pays africains, jouent un rôle essentiel dans le soutien au développement économique et social. Les investissements de ces institutions ont dépassé 6 milliards de dirhams, témoignant de leur impact significatif sur les marchés locaux. Elles ont réussi à consolider leur présence malgré la concurrence intense des banques américaines, britanniques, nigérianes et sud-africaines.
Le secteur des télécommunications arrive en deuxième position avec une part de 32%, suivi des groupes holding représentant 7% des investissements, puis de l’industrie avec 3%. Cette diversification sectorielle illustre la stratégie ambitieuse du Maroc pour renforcer son influence économique à l’échelle africaine et pour soutenir la croissance des marchés dans lesquels il est implanté.




