Quand la culture du cannabis se répand sur les toits des maisons

Plants de cannabis arrivés à maturité.

Revue de presseConfrontés à un resserrement des opérations de contrôle et à une rigueur accrue dans l’application de la législation dans les territoires où sévit encore la culture de cannabis illégal, dans le nord du Royaume, les réseaux clandestins de production de cette résine se font de plus en plus ingénieux pour que leurs activités puissent perdurer. Leur nouvelle tendance: déplacer discrètement les cultures de cannabis des anciens champs ouverts vers des hauteurs insoupçonnées: le toit de leurs habitations. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 16/02/2026 à 19h40

Ces derniers temps, dans plusieurs localités du nord du Royaume, une nouvelle méthode de culture du cannabis tend à apparaître. Des individus investissent les toits de maisons et font de ces superficies, souvent vastes, de véritables oasis de verdure clandestine pour y planter du cannabis. Une pratique qui était hier encore très confidentielle et qui gagne aujourd’hui du terrain, devenant le subterfuge privilégié trouvé par les trafiquants pour échapper à la vigilance des autorités, relaie Al Akhbar de ce mardi 17 février.

Selon des sources interrogées par le quotidien, certains notoires trafiquants de résine de cannabis connus des autorités ont recours à ce qui est qualifié de «stratégie de dispersion», et cultivent «des quantités limitées de plants» sur le toit de leurs habitations, ou dans des surfaces closes, soigneusement dissimulées derrière de hautes palissades. Une «approche fragmentée», écrit le quotidien, qui «s’inscrit dans un répertoire de tactiques d’évitement» et s’est «développée en réponse à l’intensification des opérations de contrôle dans les zones rurales», où cette culture s’est développée par le passé. Des opérations sécuritaires accrues, une activation systématique des procédures de poursuite et l’application rigoureuse de la législation à propos de la culture du kif ont contraint ces producteurs illégaux à cette «mutation logistique», indique Al Akhbar.

Selon des connaisseurs de ces réseaux, cette attitude est révélatrice des «nouvelles méthodes opératoires» de certains trafiquants, dans un but évident de discrétion, en réduisant les superficies cultivées et en les disséminant à l’intérieur même des villes. En abandonnant leurs anciens et vastes champs, exposés aux patrouilles des autorités et à divers moyens de détection technologiques modernes, ils parient sur la «complexité juridique et logistique des perquisitions domiciliaires», écrit le quotidien selon lequel celles-ci, conditionnées par de strictes procédures légales, leur permettent de gagner du temps, et donc de faire disparaître des preuves compromettantes.

Al Akhbar fait par ailleurs état d’autres informations, qui attestent d’une «recrudescence des plantations de kif en bordure des routes, notamment dans la banlieue de Tanger», tout particulièrement «dans la circonscription de Sebt Zinat», où «certains cultivateurs semblant défier ouvertement la gendarmerie royale». Cette activité, pour illégale qu’elle soit, y est ordonnancée au grand jour: des ouvriers «travaillent à l’irrigation et à la surveillance de leurs parcelles» en plein air et au soleil, alors même que, dans cette région, «d’autres plants prospèrent, plus discrètement, dans des jardins privatifs», relaie le quotidien, dont les sources indiquent que la nappe phréatique de cette région, alimentée par depuis les montagnes du Rif, est intensément exploitée, ce qui a permis «d’étendre ces cultures».

Ces faits encore inédits sont à l’origine de virulentes critiques. Al Akhbar indique que des sources ayant requis l’anonymat exigent que «des poursuites fermes» soient engagées contre ces trafiquants et que leurs cultures soient détruites. L’actuelle recrudescence de cultures de cannabis illégal intervient dans le contexte de la promulgation d’une nouvelle loi encadrant strictement l’usage de cette plante, strictement réservée à des activités médicales et industrielles. Son exploitation, sa production et sa commercialisation dépendent ainsi de l’octroi d’autorisations délivrées selon un processus défini par ce cadre légal.

Par Hassan Benadad
Le 16/02/2026 à 19h40