Inondations: craintes d’une aggravation de la situation hydraulique

Inondations à Ksar El Kébir, le samedi 7 février 2026.

Revue de presseAlors que les prévisions météorologiques laissent craindre une aggravation de la situation hydraulique dans le nord-ouest du Royaume, les autorités poursuivent leurs opérations de secours et de prévention. À ce jour, plus de 150.000 personnes ont été évacuées dans plusieurs provinces du nord, et la ville de Ksar El Kébir fait face à une montée exceptionnelle des eaux ayant submergé la majorité de ses quartiers. Une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 10/02/2026 à 18h51

La montée des eaux se poursuit à Ksar El Kébir, désormais désertée de ses habitants. Dans ce contexte de conditions climatiques difficiles, les inondations concernent 50 quartiers d’habitations, sur les 74 que compte cette ville. Depuis plusieurs jours, devant la gravité de la situation, les autorités locales, en coordination avec les Forces armées royales et plusieurs services publics, ont engagé des opérations d’évacuation des populations exposées aux risques d’inondations, écrit le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce mercredi 11 février.

Selon les données communiquées par le ministère de l’Intérieur, relayées par le quotidien, ces interventions préventives visent d’abord à protéger les vies humaines et à garantir la sécurité des citoyens. À la fin de la semaine dernière, ce sont au total de 154.309 personnes qui ont été évacuées et transférées depuis ces collectivités territoriales menacées par la crue de l’oued Loukkos, réparties sur plusieurs provinces. C’est dans la province de Larache que se concentre le plus grand nombre d’évacuations, avec 112.695 personnes déplacées, suivies de la province de Kénitra (23.174 personnes), Sidi Kacem (14.079 personnes) et Sidi Slimane (4.361 personnes).

Une stratégie anticipative, selon le quotidien, prenant en considération le niveau de danger et l’ampleur des dégâts potentiels, permet de déployer la poursuite des opérations d’évacuation, progressivement, dans plusieurs communes vulnérables. Pour ce faire, les autorités ont mobilisé d’importants moyens logistiques, afin d’assurer le transport des sinistrés dans des conditions jugées optimales. La hausse continue du niveau des eaux dans la ville et ses environs s’explique aussi par les lâchers d’eau effectués depuis le barrage Oued El Makhazine, afin de réduire la pression exercée sur ses infrastructures, écrit Al Ahdath Al Maghribia.

Les réserves hydriques de ce barrage ont atteint des niveaux records et sans précédent, avec un taux de remplissage estimé à près de 160% de sa capacité normale. Cette situation a eu pour conséquence une forte pression sur cette infrastructure hydraulique, ce qui a provoqué des déversements massifs vers le Loukkos, dont le lit n’a pu contenir ces volumes d’eau, entraînant ainsi des débordement hors des berges de cet oued, et l’inondation de plusieurs quartiers résidentiels.

Le ministère de l’Intérieur indique que, dans leur grande majorité, les habitants de Ksar El Kébir ont évacué les lieux en conformité avec les mesures de précaution instaurées. Les autorités soulignent toutefois que des observations sur place, et les prévisions météorologiques, laissent craindre une persistance des inondations, voire une aggravation de la situation hydraulique et une augmentation des risques dans les jours à venir. Les habitants ont donc été incités à rester vigilants, et à éviter tout retour prématuré vers les zones sinistrées, jusqu’à l’amélioration des conditions et l’émission d’instructions officielles, a-t-on pu lire.

Les interventions menées par les équipes de secours dans la ville et les zones menacées ont principalement visé à préserver des vies humaines, y compris celles des habitants qui vivent dans les quartiers situés dans les hauteurs de Ksar El Kébir, qui ont eux aussi été évacués à titre préventif, en attendant la fin des perturbations météorologiques. Parallèlement, plusieurs centaines de sinistrés originaires des zones touchées sont actuellement accueillis dans des centres d’hébergement à Fnideq et M’diq, «un effort national fondé sur la solidarité face à ces phénomènes climatiques exceptionnels, notamment dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma», écrit Al Ahdath Al Maghribia.

Plus de 600 personnes sont transférées à Fnideq, où elles sont hébergées dans un centre de vacances appartenant à une institution bancaire, «une opération humanitaire visant à offrir un hébergement temporaire respectant la dignité humaine et répondant aux besoins essentiels des victimes», indique le quotidien. En coordination avec les autorités locales et les services concernés, un logement provisoire, ainsi que des services de restauration et d’approvisionnement en eau potable, leur sont assurés. «Des moyens spécifiques ont également été mobilisés pour garantir un suivi sanitaire et social, notamment en faveur des populations vulnérables, telles que les enfants, les femmes et les personnes âgées», relate Al Ahdath Al Maghribia.

L’aide aux populations sinistrées ne s’est pas limitée aux personnes évacuées. Des unités des Forces armées royales poursuivent des opérations d’acheminement d’aides humanitaires vers les habitants restés dans des zones enclavées, avec des interventions aériennes. Ces actions ont récemment eu lieu dans la province de Sidi Kacem, où les intempéries et la montée des eaux ont isolé plusieurs localités. «Les opérations ont permis la distribution de 32 tonnes d’orge et de 400 paniers de denrées alimentaires au profit des habitants des douars relevant de la commune de Houafate. La distribution gratuite d’orge, réalisée en coordination avec l’Office régional de mise en valeur agricole du Gharb, vise à préserver le cheptel, pilier économique essentiel pour ces zones rurales, confrontées à des difficultés d’approvisionnement dues aux inondations», signale Al Ahdath Al Maghribia.

En ce qui concerne l’enseignement, les autorités ont annoncé la reprise des cours en présentiel ce mardi 10 février dans l’ensemble des établissements scolaires de la préfecture de Tanger-Assilah et de la province Fahs-Anjra. Une partie des élèves ont réintégré leur établissement dans les provinces de Ouazzane et d’Al Hoceïma, ainsi que dans la préfecture de M’diq-Fnideq. Selon les directions provinciales de l’Éducation nationale, «les cours ont repris dans les établissements situés en milieu urbain, tandis que leur suspension se poursuit dans les zones rurales les plus touchées par les perturbations climatiques».

Dans la province d’Al Hoceïma, la reprise des cours a concerné plusieurs communes, à Al Hoceïma même, mais aussi à Ajdir, Imzouren, Bni Bouayach ainsi que dans d’autres collectivités territoriales, alors que les cours restent suspendus dans d’autres zones, à cause de la poursuite des intempéries. Par ailleurs, les directions provinciales de Tétouan et Chefchaouen ont décidé de suspendre les cours ces lundi 9 et mardi 10 février. La direction provinciale de Larache a dû interrompre les activités scolaires des établissements situés à Ksar El Kébir, à cause «des circonstances exceptionnelles liées au débordement de l’oued Loukkos», écrit le quotidien.

Par La Rédaction
Le 10/02/2026 à 18h51