Fermeture de l’hôpital régional d’Agadir: la colère gronde chez les professionnels de santé

Les professionnels de santé s’insurgent contre la fermeture progressive de l’hôpital régional Hassan II d’Agadir. (M.Oubarka/Le360)

Le 10/03/2026 à 08h09

VidéoLa décision de fermer progressivement l’hôpital régional Hassan II d’Agadir, avec la suspension de la maternité et le transfert des urgences vers le CHU Mohammed VI d’Agadir, provoque une vive contestation des professionnels de santé. Syndicats et soignants dénoncent une mesure soudaine aux conséquences lourdes pour les patients, le personnel et l’équilibre de l’offre de soins dans la région.

La question de la continuité des services de l’hôpital régional Hassan II d’Agadir revient au premier plan après la décision de fermeture de la maternité et le transfert du service d’assistance médicale d’urgence vers le Centre hospitalier universitaire (CHU) Mohammed VI d’Agadir dans une première phase, avant un arrêt total de l’activité de l’établissement. Cette orientation suscite une vive colère aussi bien chez les professionnels de santé que parmi les citoyens.

Selon Mohamed Namous, membre de la section régionale du Syndicat national de la santé publique à Souss-Massa, les cadres de santé de l’établissement ont organisé plusieurs formes de protestation après avoir épuisé toutes les voies de dialogue pour résoudre les dysfonctionnements persistants et la situation qualifiée de catastrophique que traverse l’hôpital.

Dans une déclaration pour Le360, le syndicaliste affirme que la mobilisation intervient également en réaction à l’approche adoptée par le ministère de la Santé, accusé de vider progressivement l’hôpital de ses missions au service de la population.

Il ajoute que certains responsables auraient donné des instructions aux infirmiers, médecins et cadres administratifs de ne plus prodiguer des soins aux patients au sein de l’établissement. Une situation jugée sans précédent et dangereuse, car elle met en péril la sécurité des citoyens ainsi que l’avenir des professionnels mobilisés jour et nuit dans ce service vital.

Notre interlocuteur souligne par ailleurs que le personnel soignant se retrouve face à une situation juridiquement délicate: le refus de prise en charge d’un patient pourrait exposer les professionnels à des poursuites pour négligence et non-assistance à personne en danger.

Le représentant syndical appelle l’administration et la tutelle à publier une décision écrite et officielle, accompagnée de scénarios clairs pour l’avenir des plus de 600 employés de l’hôpital régional Hassan II d’Agadir.

Il s’interroge sur le sort de ces cadres qui ont consacré leur carrière au service des citoyens, dénonçant des décisions «verticales» susceptibles d’aggraver la tension au sein de l’établissement.

«La région a encore besoin de cet l’hôpital»

De son côté, Driss Amarour, infirmier principal au service des urgences et de réanimation, affirme que les professionnels rejettent catégoriquement la fermeture de l’hôpital, rappelant les services essentiels rendus durant des décennies au profit des habitants.

Qualifiant la décision de fermeture de soudaine et incompréhensible, il estime que la région de Souss-Massa a grandement besoin de cette structure sanitaire pour alléger la pression sur le CHU Mohammed VI et assurer une complémentarité entre deux établissements.

Il met en garde contre les répercussions psychologiques et sociales d’une telle décision sur les professionnels de santé, appelant les autorités de tutelle à revoir leur position afin d’éviter une aggravation du climat de tension dans ce service public stratégique à Agadir.

Par M'hand Oubarka
Le 10/03/2026 à 08h09