Espagne: les sans-papiers marocains sous haute pression des autorités locales

La police nationale espagnole.. DR

Revue de presseAfin d’échapper aux contrôles d’identité, à la rétention ou à l’expulsion, les ressortissants marocains en situation irrégulière en Espagne adoptent une stratégie de l’ombre en évitant systématiquement l’espace public. Les détails dans cette revue de presse qui provient du quotidien Assabah.

Le 10/04/2026 à 21h26

Les Marocains en situation irrégulière dans la péninsule ibérique désertent l’espace public dans les villes espagnoles, surtout la capitale Madrid, pour ne pas s’exposer à des risques accrus de contrôle d’identité, de rétention, voire d’expulsion.

Cette stratégie de l’ombre vise à parer aux récentes mesures de durcissement des autorités espagnoles, qui ont procédé à l’expulsion de dizaines de ressortissants en situation irrégulière. Le quotidien Assabah revient sur cette situation dans son édition du week-end des 11 et 12 avril.

D’après les sources du quotidien, pas moins de 120 ressortissants marocains, identifiés en situation irrégulière et recensés, seraient sous le coup de mesures d’extradition vers le Maroc.

D’ailleurs, indiquent les mêmes sources, plusieurs ressortissants marocains impliqués dans des affaires criminelles font actuellement l’objet de procédures d’expulsion du territoire espagnol.

Ces procédures exigent une coordination étroite avec les autorités marocaines, compte tenu de la gravité des délits commis en Espagne et des dossiers encore en cours de traitement devant les juridictions de la péninsule.

Ces interventions précèdent l’entrée en vigueur, prévue pour le 20 avril, d’un programme massif de régularisation en Espagne. En application du décret de 2026, cette mesure concerne pas moins de 500.000 personnes en situation irrégulière, dont une part importante de la communauté marocaine.

Cette opération de régularisation exceptionnelle, qui vise des immigrés résidant en Espagne avant le 31 décembre 2025, est prévue du 1er avril au 30 juin 2026, rappelle le quotidien. Pour ce faire, indique la même source, les ressortissants marocains concernés recourent aux services de cabinets d’avocats spécialisés en matière d’immigration pour déposer leurs dossiers dans le strict respect des lois en vigueur et obtenir un permis de séjour ou de travail d’un an.

Cette opération de régularisation exceptionnelle, pilotée par le gouvernement du premier ministre espagnol Pedro Sanchez, n’aurait pas été du goût du commissaire européen aux affaires intérieures et à la migration au sein de l’Union européenne, Magnus Brunner, qui a exprimé sa désapprobation, craignant que cette mesure n’encourage les passages illégaux vers l’UE et ne soit incompatible avec la politique migratoire commune mise en place par les Européens. L’opération a également été vivement critiquée par le Parti Populaire qui a soulevé l’affaire devant les instances de l’UE.

Par La Rédaction
Le 10/04/2026 à 21h26