Entre missiles, panique et incertitude: ces Marocains coincés dans le Golfe

Un homme brandit une affiche au milieu d'autres personnes en deuil, dans le centre de Téhéran, au lendemain de l'assassinat du guide suprême de la Révolution iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei, tué lors de frappes conjointes américano-israéliennes au cours de la nuit du 28 février au 1er mars 2026.. AFP or licensors

Revue de presseDes centaines de milliers de Marocains, résidents ou touristes dans les pays du Golfe, se retrouvent piégés au cœur des frappes iraniennes sur l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats, le Koweït et le Qatar. Entre sirènes, explosions et vols suspendus, ce qui devait être un séjour temporaire ou une installation professionnelle s’est transformé en un cauchemar où chaque décision peut être lourde de conséquences. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 03/03/2026 à 19h15

Des centaines de milliers de Marocains, qu’ils résident dans les pays du Golfe ou s’y trouvent en tant que touristes, se sont retrouvés pris au piège au cœur de la confrontation, après le déclenchement de l’offensive iranienne contre l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Koweït et le Qatar. Pour beaucoup, la vie quotidienne s’est transformée en une succession de scènes de guerre, avec des missiles traversant le ciel, des systèmes d’interception illuminant la nuit et un trafic aérien complètement suspendu. Ce qui devait être un séjour temporaire ou une installation professionnelle est devenu un cauchemar ouvert à toutes les incertitudes, écrit Assabah de ce mercredi 4 mars.

À Dubaï, un Marocain raconte les détails d’une fuite périlleuse de la ville, longtemps considérée comme sûre. Après la suspension des vols et la fermeture des aéroports, il n’a eu d’autre choix que de prendre la route avec sa famille, dans l’espoir de s’éloigner des zones frappées par des explosions successives. Il est parti de Dubaï en direction de l’Arabie saoudite, en passant par le Qatar, dans un voyage long et anxiogène avant d’atteindre Dammam, où il prévoyait de continuer vers Djeddah à la recherche d’un refuge plus sûr. Il a décrit une route encombrée de véhicules et des familles échangeant des informations par téléphone, face au manque de communication officielle. «Nous ne savions pas ce qui nous attendait, nous n’entendions que les sirènes et les bruits d’interception dans le ciel», a-t-il confié à Assabah, ajoutant que ses enfants restent marqués par les sons violents qui ont secoué leur environnement.

Au Qatar, une Marocaine résidant à Doha, également citée par le quotidien, a partagé l’atmosphère de peur qui règne parmi les habitants. Elle a expliqué que les tirs de missiles sur la capitale ont provoqué une panique généralisée, surtout avec le bruit des interceptions et les explosions nocturnes. Certains Marocains ont diffusé des vidéos montrant les effets des frappes et l’atmosphère dans cet état d’alerte permanent. Les familles sont restées cloîtrées chez elles, ne se rendant à l’extérieur que pour des besoins essentiels, inquiètes d’éventuelles nouvelles attaques. Elle a décrit des enfants passant la nuit dans les bras de leur mère, et des familles suivant les nouvelles en continu, dans l’incertitude de la date à laquelle ce cauchemar prendrait fin. Cette inquiétude ne se limite pas au danger immédiat, mais s’étend aussi à l’impossibilité de planifier un départ, alors que de nombreux vols sont ont été annulés.

Pendant ce temps, les Marocains effectuant le petit pèlerinage en Arabie saoudite attendent leur retour avec anxiété, craignant l’expansion des frappes de missiles. Des sources indiquent que les pèlerins suivent les évolutions avec une inquiétude extrême, surtout face aux rumeurs de frappes sur des zones proches. Ceux qui prévoyaient d’accomplir ce pèlerinage ont été contraints d’annuler leurs réservations. Un responsable d’agence de voyages a précisé que si ce pèlerinage n’a pas été officiellement annulé, la compagnie aérienne nationale a décidé de reporter ses vols vers l’Arabie saoudite, bouleversant les programmes de voyage. Certains pèlerins ont préféré annuler leurs réservations, craignant une aggravation de la situation, la région restant au bord du précipice. Le responsable a ajouté que ce report de vols place à la fois les agences et les voyageurs dans une situation délicate. Alors que la Royal Air Maroc a suspendu ses vols, certaines chaînes hôtelières en Arabie saoudite refusent de rembourser les sommes versées, aggravant le dilemme des familles, prises entre la peur de voyager et les pertes financières à subir.

Par La Rédaction
Le 03/03/2026 à 19h15