Le système du temps aménagé suscite une nouvelle vague de colère, de controverses et de débats parmi de nombreux professeurs des différents cycles de l’enseignement supérieur des universités marocaines. Ces derniers demandent au ministère de tutelle de revenir sur ce dispositif et de l’annuler. Ils pensent que sa mise en œuvre soulève des problèmes professionnels et académiques, en raison des engagements excessifs qu’il impose en matière d’horaires de cours, et de l’impact susceptible d’en résulter sur le reste de l’ensemble de leurs missions universitaires.
Ce mouvement protestataire, vecteur de nouvelles tensions, intervient dans un contexte de débats continuels au sein des facultés sur la manière de gérer les formations accréditées selon le système du temps aménagé, relaie Al Akhbar de ce mercredi 14 octobre. Celui-ci a suscité de nombreux désaccords autour de l’organisation du temps universitaire, de la répartition des séances d’enseignements, et de la prise en compte de la spécificité des travaux effectués par l’enseignant-chercheur. Ce travail, explique le quotidien, qui ne se limite pas à dispenser des cours, englobe également la réalisation de recherches scientifiques, l’encadrement des étudiants, la supervision de mémoires et de thèses, ainsi que leur participation à des activités académiques diversifiées, voire multiples.
De nombreux professeurs demandent donc au ministre de tutelle d’ouvrir un dialogue institutionnel sur ce dossier précis, et d’écouter les observations de la famille universitaire, avant de poursuivre sa mise en œuvre de ce système, tout ayant préalablement révisé les mesures qu’ils ont jugées inappropriées au regard de leurs conditions de travail. Ils évoquent également la question des indemnités liées à l’enseignement et à l’encadrement, à la dispensation des cours et à l’encadrement dans le cadre du temps aménagé, ainsi que son degré de corrélation avec la charge de travail supplémentaire supportée par l’ensemble du corps enseignant.
Cette divergence professionnelle du corps enseignant ne se dissocie pas de la controverse plus large provoquée par le temps aménagé au sein des facultés, notamment en ce qui concerne les frais imposés à certaines formations, le degré de respect du principe de gratuité de l’enseignement supérieur, et l’égalité des chances. Une partie de ce débat repose, en effet, sur les dispositions de l’article 81 de la loi n° 59.24 relative à l’enseignement supérieur, qui prévoit la possibilité d’organiser des formations rémunérées dans le cadre de la formation fondamentale avec le temps aménagé, concomitamment au cycle de la formation continue, écrit Al Akhbar.
Toutefois, le différend mis sur la table porte sur la mise en œuvre de ces dispositions, sur les limites de leur adoption dans les établissements universitaires, et sur une question, lancinante: ce modèle devrait-il rester facultatif, sera-t-il possible de l’imposer à des catégories, somme toute spécifiques, d’étudiants.




