Cybercriminalité à Fès: plusieurs réseaux de piratage bancaire démantelés

Les cybercriminels infiltrent des systèmes de traitement automatisé pour pirater des comptes bancaires et effectuer illégalement des transactions en ligne. . DR

Revue de pressePlusieurs affaires récentes jugées dans la région de Fès révèlent l’ampleur des réseaux spécialisés dans le piratage de cartes et comptes bancaires. Malgré des opérations sécuritaires ayant conduit à de nombreuses arrestations et condamnations, ces activités frauduleuses continuent de se développer, portées par des méthodes sophistiquées et des circuits organisés. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 23/03/2026 à 19h59

Les juridictions de la région de Fès ont récemment examiné plusieurs affaires impliquant des groupes criminels spécialisés dans le piratage de comptes et de cartes bancaires. Ces réseaux, composés d’un nombre variable d’individus, parvenaient à obtenir frauduleusement des données bancaires qu’ils exploitaient ensuite pour acheter des biens, les revendre ou effectuer des transferts d’argent avant même que les victimes ne déposent plainte, indique Assabah de ce mardi 24 mars. Malgré les opérations de démantèlement successives, ce phénomène demeure largement répandu.

L’un de ces réseaux a été neutralisé par les éléments de la brigade régionale de la police judiciaire relevant de la préfecture de police de Fès, à la suite d’une alerte du système bancaire marocain signalant une activité suspecte liée à la cybercriminalité et au piratage de cartes bancaires étrangères. Les données étaient obtenues illégalement via internet, puis utilisées pour infiltrer les systèmes de traitement automatisé des informations bancaires, principalement celles de ressortissants étrangers. Les investigations ont conduit à l’arrestation de cinq individus lors d’opérations simultanées à Fès et Meknès. Les perquisitions ont permis la saisie de matériel informatique piraté, de téléphones et d’ordinateurs contenant des preuves numériques confirmant leur implication, ainsi que de documents attestant d’achats et de transferts d’argent effectués illégalement à l’aide de données bancaires compromises.

Les mis en cause utilisaient ces informations pour acquérir des marchandises qu’ils revendaient ensuite. Ils ont été poursuivis pour atteinte aux systèmes de traitement automatisé de données, accès frauduleux, falsification de documents informatiques, escroquerie et complicité, a-t-on pu lire dans le quotidien. Le tribunal a condamné chacun d’eux à une peine d’un an de prison ferme. Dans une affaire similaire, une autre bande criminelle a été démantelée à Fès avec l’arrestation de sept personnes, dont un mineur et deux récidivistes. Ils étaient impliqués dans la falsification de cartes de crédit et de documents d’identité, utilisés pour effectuer des transactions en ligne sur des plateformes de commerce électronique, avant d’écouler les produits via les réseaux sociaux. L’enquête a révélé qu’ils recevaient des virements à Fès et à Mohammedia. Les forces de l’ordre ont saisi une voiture, une moto, des passeports établis sous de fausses identités, des chéquiers, des cartes bancaires, des justificatifs de transferts, ainsi que des bijoux, montres, téléphones et un ordinateur. Les prévenus ont été condamnés à des peines de prison et à des amendes.

Un troisième réseau s’est illustré par des manipulations sophistiquées des systèmes de traitement des données, modifiant les modalités de traitement et de transmission grâce à l’introduction d’informations falsifiées afin de détourner d’importantes sommes d’argent. Ses membres ont également développé des logiciels et outils informatiques utilisés pour le piratage de cartes bancaires internationales et pour effectuer des transferts vers leurs comptes personnels ou via des agences de transfert de fonds. La police judiciaire de Taza a reçu plusieurs plaintes à leur encontre et a procédé à l’arrestation progressive des neuf suspects. Huit appareils électroniques et plusieurs téléphones ont été saisis, contenant des traces numériques de leurs activités. L’enquête a aussi mis en évidence leur implication dans diverses activités criminelles, y compris celle de deux femmes. Le montant total détourné est estimé à 800.000 dirhams.

Par ailleurs, écrit Assabah, un autre groupe utilisait des données bancaires piratées pour louer des véhicules et réserver des chambres dans des hôtels de luxe dans différentes villes, à distance, grâce à des téléphones et ordinateurs également saisis lors de leur arrestation. Enfin, une des affaires les plus marquantes concerne un individu multirécidiviste, considéré comme le chef d’un réseau opérant entre Fès et Marrakech, et comprenant notamment une femme. Cette organisation, parmi les plus dangereuses dans le domaine du piratage bancaire, ne se limitait pas à l’accès frauduleux aux données, mais étendait ses activités aux transferts et retraits illicites, générant des millions de centimes. Le principal suspect aurait tenté de blanchir ces fonds à travers l’achat et l’échange de cryptomonnaies interdites au Maroc.

Les méthodes employées par ces réseaux présentent de fortes similitudes et témoignent d’une organisation structurée et interconnectée. Les données bancaires sont généralement obtenues via des plateformes de commerce électronique ou à travers des techniques d’hameçonnage, notamment en promettant des récompenses ou des aides financières. Si la majorité des individus opère en groupe et partage les gains, un jeune homme d’une vingtaine d’années a choisi d’agir seul. Originaire de Fès, il ciblait des victimes issues de pays du Golfe, piratait leurs comptes et utilisait leurs données pour réaliser des achats et transactions lui ayant rapporté d’importantes sommes, avant d’être arrêté.

Par La Rédaction
Le 23/03/2026 à 19h59