Covid-19: le Maroc se dirige vers un couvre-feu à partir de 19h00 pendant le ramadan

Un agent de la DGSN contrôle un conducteur, lors du couvre-feu nocturne, toujours en vigueur dans l'ensemble du Royaume.  . DR

Pour faire face à la propagation du Covid-19, le gouvernement s’oriente vers l’instauration d’un confinement nocturne strict lors du mois de ramadan en décrétant un couvre-feu sanitaire allant de 19h00 à 05h00 du matin, a appris Le360, ce lundi 5 avril 2021, de sources concordantes.

Le 05/04/2021 à 15h49

"L’Exécutif a presque finalisé sa décision concernant l’adaptation, durant le ramadan, d’un confinement marqué par un couvre-feu sanitaire allant de la rupture du jeûne (vers 19h00) jusqu’à l’aube", a indiqué pour Le360 une source gouvernementale, précisant que durant la journée les écoles et les commerces de proximité resteraient ouverts et que les déplacements à l’intérieur des villes et des agglomérations seraient toutefois "libres et autorisés" jusqu'à 18h00.

En revanche la circulation sera interdite à partir de 19h00, qui correspond approximativement à l’heure de la rupture du jeûne, jusqu’à 05h00, sauf pour les citoyens dont l’activité professionnelle exige un déplacement pendant la nuit, selon cette source. Le retour à un couvre-feu sanitaire nocturne plus long s’explique par le souci "d’éviter des rassemblements du public" en particulier dans les cafés, les mosquées et d’autres lieux de réunion. En outre, l’Exécutif compte "se diriger vers l’interdiction des prières Tarawih qui se déroulent après la rupture du jeûne".

"L’instauration d’un couvre-feu sanitaire pendant le ramadan vise à freiner la propagation du covid-19, et en particulier à empêcher le variant britannique du virus de se propager davantage", ont souligné des militants de quelques partis politiques comme ceux du RNI, du PAM, de l'USFP et du PPS.

Toutefois, des membres du PJD sont partagés au sujet de la fermeture des mosquées à l’heure des Tarawih, certains allant jusqu’à la dénoncer.

Le souvenir douloureux de la célébration de l’aïd Al Adha en 2020, qui avait été à l’origine d’une propagation terrible du coronavirus dans plusieurs villes et régions du Royaume, joue toutefois un rôle assez dissuasif pour les défenseurs du maintien des Tarawih. Le gouvernement veut à tout prix éviter une réédition de la propagation suite à une célébration religieuse.

Dans une récente déclaration à la chaîne de télévision de la SRNT, le professeur Chakib Abdelfettah, membre du Comité scientifique et médical anti-covid-19, a laissé entendre qu’un confinement prolongé durant les nuits du ramadan est nécessaire pour préserver la santé de la population. "Le meilleur ramadan qu’on peut rêver d’avoir cette année est identique à celui de l’année dernière où le confinement nocturne avait été appliqué", a déclaré ce spécialiste en virologie.

Au ministère des Habbous et des affaires islamiques, c’est silence radio au sujet des futures mesures que devrait prendre ce département au niveau du retour ou pas des prières des Tarawih. Un imam d’une grande mosquée du Royaume a confié pour Le360, sous couvert d’anonymat, qu’aucune instruction n’a été donnée jusqu’à présent pour préparer les dispositions d’accueil des fidèles pour ces prières.

Cet imam ajoute que les prières des Tarawih ne sont pas obligatoires en islam. Selon lui, "il s’agit d’un libre choix laissé au fidèle". Et d’ajouter que dans la religion musulmane il arrive "parfois que l’illicite devient autorisé en cas de nécessité", en précisant qu’une pandémie "peut parfois imposer des mesures douloureuses".

Un deuxième ramadan sous cloche n’est pas très réjouissant, mais au vu de la situation sanitaire et des blocages honteux des vaccins anti-Covid de la part de pays riches, qui veulent immuniser leur population sans se préoccuper du reste du monde, il faut se faire une raison et accepter le fait que la page du Covid-19 est loin d’être tournée.

Par Mohamed Chakir Alaoui
Le 05/04/2021 à 15h49