Covid-19 au Maroc: à cause d'Omicron, les stocks de sang sont en baisse, appel aux donneurs

Photo d'illustration. . DR

Alors que le Maroc déploie d'importants efforts pour avancer dans la vaccination anti-Covid-19 de l'ensemble des populations-cibles, la situation devient alarmante dans les centres de transfusion sanguine, où la pénurie en poches de sang se fait de plus en plus prégnante, tout particulièrement avec l’émergence du nouveau variant Omicron.

Le 10/01/2022 à 14h09

Alors que les autorités ont décidé d’accélérer le processus national de vaccination, la situation devient préoccupante dans les centres de transfusion sanguine, où le nombre de poches de sang s'amoindrit. 

Dans le Centre régional de transfusion sanguine de Casablanca-Settat, par exemple, la situation est même carrément alarmante. La consommation en poches de sang de ce qui est le plus grand centre du Maroc dépasse actuellement les dons, alors qu'il représente le tiers de la consommation nationale en transfusions sanguines, et qu'il dessert à lui seul plus de 600 établissements hospitaliers, aussi bien publics que privés.

«Pour satisfaire les demandes quotidiennes qui dépassent les 420 par jour, nous avons besoin de 600 poches de sang à traiter, et sortir par jour. Ainsi pour satisfaire cette demande importante et constituer un stock de sang, nous avons besoin d’un minimum de 400 donneurs par jour. Malheureusement, dans la réalité (...) les centres de transfusion sanguine traversent une mauvaise passe, notamment après la propagation du nouveau variant Omicron», explique, contactée par Le360, Amal Darid, la directrice du Centre régional de transfusion sanguine de Casablanca-Settat.

Actuellement, le stock national en sang ne peut couvrir que trois jours au maximum, explique-t-on dans cet établissement. Le nécessité de dons de sang devient donc urgente dans les grandes villes du Royaume, comme à Casablanca, mais aussi à Rabat, à Tanger, à Agadir et à Oujda, où la pénurie de poches de sang en vient à menacer la vie de malades ayant besoin en urgence d'une transfusion.

«Nous ne pouvons pas parler de stock, si nous parvenons à satisfaire les demandes au quotidien, c’est déjà une réussite, surtout pour la région de Casablanca-Settat. Nous luttons tous les jours pour assurer les sacs de sang pour les enfants atteints de leucémie ou pour des malades qui en ont besoin pour leurs séances d’hémodialyse», déplore la Dr. Darid.

Appel à une mobilisation généralePour faire face à cette situation critique, le Centre régional de transfusion sanguine de Casablanca-Settat multiplie les efforts.

«Pour notre stratégie mobile, qui consiste à mobiliser deux unités qui assurent une collecte de sang dans les établissements, les associations, les acteurs de la société civile, et le reste des parties prenantes avec lesquelles nous collaborons, nous arrivons à répondre à 40% de notre demande quotidienne. Toutefois, avec la hausse des cas de Covid, celle-ci a baissé de presque 80%. La reprise de l’enseignement à distance et du télétravail nous compliquent davantage la tâche», explique-t-elle.

Heureusement, pour collecter des poches de sang, le Centre régional transfusion sanguine de Casablanca-Settat ne se limite pas à ce mode de collecte. D’autres actions ont également été déployées, afin d'attirer et de trouver d’autres donneurs.

«Avec l’annulation des groupes mobiles, nous avons tenté de contacter la communauté des influenceurs, qui enregistre à elle seule plus de 2 millions d’abonnés. Ainsi, chaque semaine un influenceur vient faire don de son sang, en espérant inciter ses followers à faire de même. L’année dernière, cette expérience a porté ses fruits, c’est-à-dire qu’en trois mois nous avons réussi à sauver plus de 48.000 vies», indique Amal Darid.

La directrice du Centre régional de transfusion sanguine de Casablanca-Settat tient aussi à préciser que «cette année, [le Centre a] recontacté les associations étudiantes, ainsi que les ultras des équipes du Wydad et Raja-Casa, qui ont répondu présents. [Le Centre a] également pris contact avec le ministère de l’Intérieur et les gouverneurs de chaque région, pour donner un coup de main au niveau de unités de proximité, qui sont actuellement au nombre de six, et que nous allons essayer d’augmenter. L'objectif est de justement faciliter cette action pour les citoyens, en s'implantant dans les environs de leur habitation».

Amal Darid rappelle d'ailleurs que l'ensemble des centres de transfusion sanguine ont renforcé leur dispositif sanitaire de lutte contre le Covid-19, pour accueillir le plus grand nombre de donneurs, en cette période de pandémie.

«C’est un appel du cœur que je lance, car je côtoie quotidiennement le drame des familles qui ont besoin de poches de sang. Aujourd’hui, un donneur a la possibilité de sauver trois vies. N’oublions pas que le sang est une matière première qui n’a pas d’alternative. Le seul réservoir, c’est l’homme», plaide pour finir la directrice du Centre régional de transfusion sanguine de Casablanca-Settat, qui invite ainsi le plus grand nombre à se mobiliser pour sauver des vies.

Par Yousra Adli
Le 10/01/2022 à 14h09