Carburants: conflit commercial autour d’une cargaison vendue au plus offrant

Un pétrolier

Revue de presseUne société internationale opérant au Maroc s’est retrouvée privée d’une cargaison de carburants après que celle-ci a été revendue à un autre acheteur, profitant de la hausse des prix due aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 31/03/2026 à 19h45

Une entreprise étrangère opérant dans le secteur des hydrocarbures au Maroc a récemment été victime de pratiques douteuses attribuées à des intermédiaires internationaux spécialisés dans le négoce de carburants. Cette société avait conclu un accord pour l’acquisition d’une importante cargaison de produits pétroliers transportée à bord d’un navire en haute mer. «À sa grande surprise, elle a découvert que la marchandise avait été cédée à une autre entreprise, profitant de la flambée des prix et de la hausse de la demande consécutives aux tensions géopolitiques liées à la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran », indique le quotidien Assabah dans son édition du mercredi 1er avril.

Face à cette situation, l’entreprise lésée a tenté d’engager des poursuites pénales contre ses partenaires, estimant que les faits relevaient de l’escroquerie et de la fraude. Toutefois, la juridiction compétente a finalement été identifiée comme étant le tribunal de commerce, au motif que le différend opposant les deux parties est de nature strictement commerciale. De son côté, la société mise en cause a justifié le non-respect de ses engagements contractuels par le fait qu’elle n’avait pas reçu le paiement dans les délais convenus.

«Ce type d’incident n’est pas isolé», relève Assabah. Plusieurs entreprises marocaines auraient été confrontées à des situations similaires ces dernières années. Après la conclusion de contrats, souvent sous forme électronique, précisant les volumes, la qualité, les prix et les délais de livraison dans les ports marocains, les acheteurs découvrent parfois que les navires ont changé de destination. Dans certains cas, les cargaisons sont revendues à d’autres clients à des prix nettement plus élevés.

Ces pratiques semblent s’être intensifiées dans un contexte marqué par la libéralisation des prix des carburants au Maroc, qui a transformé le marché national en un espace particulièrement attractif et lucratif. «Si certaines entreprises internationales jouissent d’une réputation solide et respectent leurs engagements, d’autres acteurs opportunistes ont fait leur apparition, n’hésitant pas à se désengager des accords conclus dès qu’une offre plus avantageuse se présente. Les navires transportant les hydrocarbures deviennent ainsi de véritables marchandises flottantes, cédées au plus offrant en pleine mer», note Assabah.

Dans le cas précis de l’entreprise étrangère, le contrat avait été conclu avec une autre société pour l’achat d’une cargaison en provenance d’un pays exportateur de pétrole. Les termes de l’accord, formalisés électroniquement, fixaient clairement les prix ainsi que la date d’arrivée du navire au port. Le paiement devait intervenir après réception des résultats d’analyses effectuées par les autorités marocaines sur des échantillons du produit, afin de vérifier sa conformité aux normes en vigueur.

Alors que l’acheteur attendait ces résultats pour procéder au règlement, il a été informé que la cargaison avait été vendue à une autre entreprise, immédiatement après la hausse spectaculaire des prix sur le marché international, dans le sillage de l’escalade militaire impliquant l’Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz. La société vendeuse a invoqué l’absence de paiement pour justifier sa décision, malgré les dispositions contractuelles prévoyant un règlement conditionné par les résultats de l’expertise.

Cette affaire met en lumière les dérives possibles dans un marché mondialisé et hautement spéculatif, où les fluctuations géopolitiques peuvent rapidement bouleverser les engagements commerciaux et fragiliser la confiance entre les acteurs économiques.

Par Le360
Le 31/03/2026 à 19h45