Une présence juvénile particulièrement marquée a animé les ruelles de la médina de Fès à la veille de l’Aïd Al-Fitr. De nombreux jeunes s’y sont pressés pour acquérir des vêtements traditionnels, signe d’un regain d’intérêt pour le patrimoine vestimentaire, qui retrouve toute sa place lors des célébrations religieuses. L’ambiance, empreinte de convivialité, était rythmée par les échanges de vœux et un esprit de fraternité propre à cette fête.
Sur place, l’activité commerciale s’est révélée particulièrement soutenue, avec une forte affluence dans les boutiques spécialisées. Parmi les articles les plus prisés figuraient la jellaba, la gandoura, ainsi que les babouches et le tarbouche fassi, des pièces emblématiques qui reflètent l’identité marocaine et apportent une touche d’authenticité aux festivités.
Pour Mohamed, vendeur de vêtements traditionnels dans la médina, cette dynamique est particulièrement visible cette année: «L’ambiance est exceptionnelle, surtout en cette nuit bénie précédant l’Aïd. Les jeunes viennent en nombre acheter des jellabas, des caftans ou des gandouras. Même ceux qui n’avaient pas l’habitude de porter du traditionnel s’y mettent aujourd’hui.»
Il souligne également la diversité de l’offre, adaptée aux saisons: «La jellaba fassie existe dans plusieurs matières: légères pour l’été, en coton ou en fil et plus épaisses pour l’hiver, comme la jellaba ouazzanie. Globalement, le vêtement traditionnel fassi est omniprésent dans toutes les occasions.»
Même constat chez Anas, également vendeur: «L’affluence est très bonne, surtout pendant les dix derniers jours du Ramadan. Cette année, la jellaba est particulièrement demandée, qu’elle soit cousue à la main ou à la machine, avec une grande variété de tissus et de styles. Aujourd’hui, porter une jellaba implique aussi de compléter la tenue.»
Abdelghani, vendeur de coiffes traditionnelles, insiste sur le rôle essentiel du tarbouche: «Sans le tarbouche, la tenue n’est pas complète. C’est lui qui lui donne toute sa cohérence.»
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Il distingue plusieurs types, notamment le tarbouche fassi, porté avec une jellaba blanche et des babouches jaunes dans les tenues officielles. «Il y a aussi le tarbouche hassani, associé au défunt roi Hassan II. Il était porté par les membres de la résistance et de l’Armée de libération. Aujourd’hui, il revient en force chez les jeunes.»
Selon lui, cet engouement dépasse le simple effet de mode: «Les jeunes montrent aujourd’hui un véritable intérêt pour l’artisanat et les vêtements traditionnels, surtout lors des fêtes et des occasions spéciales.»
De son côté, Abdelilah, commerçant dans la médina, décrit une ambiance unique: «À Fès, surtout dans la médina, les préparatifs de l’Aïd ont une saveur particulière. Les gens tiennent à porter la jellaba, les babouches et le tarbouche. Sans cela, il manque quelque chose à la tenue.»
Il met en avant la richesse de l’offre: «Les marchés sont très variés. Nous proposons notamment la balgha “ziouania”, réputée pour sa qualité et très appréciée des Fassis, mais aussi d’autres modèles aux couleurs et styles divers.»
Au-delà de l’engouement observé, ces acteurs y voient un mouvement de fond: un retour progressif vers le traditionnel, notamment chez les jeunes hommes. «Aujourd’hui, les familles prennent conscience de la valeur de cet héritage. C’est un patrimoine authentique que l’on ne peut pas abandonner», conclut Abdelilah.








