Affaire «Escobar du Sahara»: les avocats de Naciri contestent les poursuites point par point

Said Naciri. DR

Revue de presseLors de l’audience tenue jeudi dernier par la chambre criminelle chargée des crimes financiers près la cour d’appel de Casablanca, la défense de Saïd Naciri a déployé une argumentation soutenue, alternant contestation des preuves, invocation de la prescription et critique des méthodes du parquet. Une plaidoirie qui vise à déconstruire, pièce par pièce, un dossier que les avocats jugent fragile et hypothétique. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 05/04/2026 à 19h16

La Chambre criminelle de la Cour d’appel de Casablanca a tenu, jeudi dernier, une nouvelle audience dans l’affaire surnommée «Escobar du Sahara». Cette séance a été dominée par de longues plaidoiries de la défense de Saïd Naciri, laquelle n’a cessé de réaffirmer l’innocence de son client tout en soulevant la question de la prescription.

Me Messaoudi, avocat de Naciri, a soutenu que les poursuites judiciaires «reposent davantage sur des conjectures que sur des preuves irréfutables». Il a relevé que les témoignages et déclarations des coaccusés contiennent des contradictions qu’il conviendrait de traiter avec équilibre, «sans privilégier une narration au détriment d’une autre», rapporte Al Ahdath Al Maghribia de ce lundi 6 avril.

La défense a vivement critiqué le recours excessif du parquet aux procès-verbaux de la police judiciaire, déplorant que le ministère public n’ait apporté aucun élément nouveau dans son réquisitoire, se bornant à reprendre des déclarations entachées de contradictions. L’avocat a en outre rappelé que le juge d’instruction lui-même avait admis l’existence de faits sans lien direct avec Naciri, y voyant un indice de la fragilité de l’accusation.

Abordant le volet de la falsification, Me Messaoudi a souligné que «la modification de la vérité» n’est nullement démontrée en l’espèce, faute de tout document falsifié. Il a ajouté que l’intention criminelle n’est pas établie et que le préjudice allégué demeure hypothétique, d’autant que la propriété litigieuse est régulièrement titrée et a été cédée par un contrat licite.

S’agissant des accusations liées à un supposé réseau de trafic international de stupéfiants, la défense a souligné l’absence de preuves matérielles, les charges reposant essentiellement sur les déclarations d’un autre accusé. Or, ce dernier n’avait jamais mentionné le nom de Naciri lors des phases antérieures de l’enquête, ce qui suscite, selon l’avocat, de sérieuses interrogations sur la crédibilité de ses propos. Dans le même ordre d’idées, la défense a fait valoir que plusieurs individus présentés comme membres du présumé réseau avaient bénéficié d’un acquittement par des jugements définitifs.

«Quant aux soupçons de blanchiment d’argent, l’avocat a indiqué que Naciri avait fourni des éclaircissements détaillés sur ses transactions financières, en précisant tant l’origine que la destination des fonds», souligne Al Ahdath Al Maghribia. Enfin, Me Messaoudi a évoqué la prescription, rappelant que plusieurs actes délictueux, tels que l’escroquerie et le trafic d’influence, seraient éteints par la prescription. Il a également insisté sur les récents amendements apportés au code de procédure pénale, qui ont réduit la force probante des procès-verbaux établis par les officiers de police judiciaire.

Par La Rédaction
Le 05/04/2026 à 19h16