Affaire Casablanca Park: le procès débute le 25 mars

Un maillet signalant le verdict énoncé par un juge et une balance, symboles du pouvoir judiciaire.

Revue de presseDeux promoteurs immobiliers, incarcérés depuis janvier à Casablanca, vont être jugés pour fraude et falsification de documents dans le cadre du projet Casa Park. Des centaines de familles attendent toujours la livraison de leurs appartements, tandis que la banque financière cherche à récupérer les sommes dues et à sécuriser le projet bloqué depuis plusieurs années. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 19/03/2026 à 19h34

Mercredi prochain marquera le début du procès de deux promoteurs immobiliers actuellement en détention préventive à la prison locale d’Ain Sebaa 1 à Casablanca, où ils sont incarcérés depuis la dernière semaine de janvier. Le procureur a décidé de les poursuivre pour fraude et falsification consciente de documents comportant des informations inexactes, ainsi que pour leur usage, avant de les renvoyer devant le juge d’instruction pour une enquête détaillée, indique le quotidien Assabah de ce vendredi 20 mars. Les victimes du projet Casa Park, situé à Sidi Maârouf, ont confirmé lors de leur audition par le juge d’instruction les déclarations qu’elles avaient déjà faites devant la brigade de la police judiciaire d’Ain Chock. Elles ont insisté sur leur volonté de poursuivre les inculpés, soulignant que leurs rêves de devenir propriétaires d’un appartement se sont évaporés malgré les promesses répétées depuis 2015.

Des informations font état de tentatives des accusés pour obtenir une libération provisoire, mais des interrogations persistent concernant l’accusation de falsification de documents, considérée comme relevant de l’intérêt public et que les victimes ne peuvent retirer. Une procédure de remboursement partiel a été lancée pour certains clients via des chèques garantis, mais le parquet avait déjà accordé aux accusés cinq délais pour résoudre leurs litiges avec les clients, sans succès, ce qui a conduit à leur incarcération lors de leur dernier passage devant le tribunal correctionnel d’Ain Sebaa, a-t-on lu dans Assabah.

De nouvelles victimes, qui n’étaient pas informés de l’incarcération des promoteurs, ont décidé de se constituer partie civile afin de récupérer leurs fonds. Ces personnes avaient déjà déposé une plainte il y a dix ans, qui avait été classée sans suite. Des sources concordantes s’interrogent sur le sort du projet, actuellement saisi par la banque, qui a elle-même déposé plainte auprès du procureur général pour enquêter sur les diverses manipulations financières liées au projet. Financé à 100 % par la banque, le projet présente un endettement et des intérêts cumulés avoisinant 48 milliards de dirhams. La banque a également initié une procédure de mise en demeure immobilière, aboutissant à la fixation des dettes dues et à la préparation d’une vente aux enchères publiques des biens du projet.

Les victimes avaient adressé une plainte au PDG de la banque, rejetant toute forme de règlement arbitraire pouvant exploiter le pouvoir ou la position sociale et nuire aux clients ou aux fonds de la banque. Le projet, entièrement financé par la banque, a démarré en 2013 avec une livraison prévue en 2015. Il comprend 1.200 appartements et des terrains. La société promotrice avait également perçu 200 millions de dirhams d’acomptes de la part des clients. Après plusieurs années, seulement 380 appartements ont été livrés, laissant environ 500 familles sans logement, qui ont par conséquent raté l’opportunité d’acquérir un logement dans des projets voisins.

Par La Rédaction
Le 19/03/2026 à 19h34