Le taux des jeunes marocains ayant confiance dans la politique ne dépasse guère les 33%. C’est ce que vient de révéler un nouveau sondage d’«Afrobarometer», dont les résultats ont été partiellement publiés par le quotidien arabophone Assabah dans sa livraison du mercredi 25 mars.
Pour atténuer l’ampleur du fossé qui sépare toujours les jeunes de la politique, le journal utilise l’image du verre à 33% plein, afin de ne pas dire que plus de 66% des jeunes tournent le dos aux acteurs politiques, avant de constater que le fossé entre les deux est toujours béant. Il est vrai que cette catégorie d’âge, de 18 à 35 ans, contraste avec celle plus âgée, dont le taux de confiance dans la politique frôle les 40%, surtout chez les personnes âgées de plus de 55 ans. Qu’il s’agisse du gouvernement, du parlement, des conseils communaux ou des partis politiques, la perception des jeunes reste quasiment la même, avec un léger avantage pour le parlement (37% de confiance), suivi des conseils communaux (34%), alors que le gouvernement et les partis politiques sont à égalité avec 33% chacun. Comparativement à la catégorie d’âges supérieure, ces taux de confiance dans les institutions politiques varient entre 38 et plus de 39%.
Selon ce sondage, la baisse de confiance des jeunes dans la politique doit être corrélée à leur perception de la corruption, dont ils estiment qu’elle gangrène certaines institutions. Les conseillers communaux sont les premiers accusés de corruption (33%), suivis des parlementaires (32 %) et des responsables au sein de la primature (27%), précise «Afrobarometer», qui ajoute que, pour certains sondés, la corruption est très étendue au sein des acteurs politiques, tandis que d’autres jeunes estiment qu’elle n’est pas généralisée, mais relative.
Malgré ce manque de confiance dans la politique, les jeunes marocains font montre d’un très grand attachement aux principes de la démocratie. Ainsi, 67% d’entre eux préconisent que le chef du gouvernement soit soumis à une reddition des comptes devant le parlement, où sa gestion des affaires de l’État doit être examinée dans ses moindres détails.
De même, 63% des jeunes sondés exigent un strict respect des lois et des décisions de justice, tout en reconnaissant une amélioration à ce niveau selon la moitié des sondés.
Sur le volet de la participation politique, et alors que 8% seulement des sondés disent être affiliés à un parti politique, ils sont 40% à affirmer leur disposition à aller voter.
La plupart des jeunes ont d’ailleurs choisi, selon «Afrobarometer», les réseaux sociaux comme leur terrain « institutionnel » d’expression et de participation à la politique.








