Polisario: le business de l’aide humanitaire

Vue sur la misère vécue dans les camps du polisario dont les dirigeants sont accusés de détournement d'aides humanitaires... . DR

Revue de presseKiosque360. Après le scandale des luxueuses villas acquises au sud de l’Espagne, la direction du Polisario se lance, grâce à l’argent de l’aide humanitaire, dans la promotion immobilière en Mauritanie. Révélations.

Le 11/12/2014 à 08h37

De nouvelles révélations accablantes sur les pratiques mafieuses de la direction du Polisario, sur fond de détournement d’aide humanitaire destinée à la population séquestrée. «Des dirigeants du Polisario ont pu acquérir, grâce à l’argent de l’aide humanitaire, d’impressionnants biens immobiliers à Nouadhibou, en Mauritanie», rapporte Al Ahdate Al Maghribia, dans son édition de jeudi 11 décembre. «Des quartiers tout entiers, situés au centre de la capitale économique de la Mauritanie, se transforment en plateforme d’investissement pour les recettes acquises par les trafiquants polisariens de l’aide humanitaire», relève le quotidien, sur la foi de révélations faites par des opposants à la direction corrompue du front séparatiste. Parmi les derniers biens immobiliers acquis illégalement en Mauritanie, figure une plateforme de luxueux bureaux, construits en plein centre de Hay Al Ghirane, et loués, entre autres sociétés, à une grande banque française, à une société de télécommunications mauritano-tunisienne, et à un géant de l’industrie de l’or. La découverte de cette résidence de haut standing, dont la propriété revient à l’un des proches de Mohamed Abdelaziz, a provoqué une véritable «secousse» chez les opposants à la direction du Polisario, indique le quotidien, en ajoutant que les «répliques» de cette secousse sont parvenues jusqu’à Tindouf.

«De vives manifestations ont éclaté dernièrement dans les camps de Lahmada Tindouf pour protester contre l’instrumentalisation des aides internationales à des fins autres qu’humanitaires», souligne le quotidien, en précisant que la Mauritanie regorge actuellement de denrées alimentaires, de couvertures, voire de véhicules octroyés à titre d’aide à la population séquestrée mais qui sont vendus à Nouadhibou, avant de débarquer dans d’autres pays sahélo-sahariens, entre autres le Mali et le Niger. Les recettes de cette vente illégale sont principalement investis dans l’immobilier, devenu un instrument de blanchiment d’argent pour les très fortunés dirigeants polisariens, avec à leur tête le SG du front de l’inamovible Mohamed Abdelaziz et son ministre de la Défense Mohamed Bouhali.

Promotion immobilière, l’autre vocation du Polisario

Ces révélations somme toute scandaleuses confirment simplement les rapports poignants établis par des organismes, officiels ou d’ONG de défense des droits humains, retraçant le parcours sinueux de ce commerce honteux. L’Office européen de lutte antifraude avait déjà tiré la sonne d’alarme en pointant ce détournement de l’aide humanitaire non seulement par des membres du Polisario mais en plus, par des responsables algériens dont -et c’est curieux- le Croissant rouge algérien pointé pour le manque de transparence. Dans un précédent rapport, l’Office européen avait d’abord précisé que «le nombre des bénéficiaires était inférieur à celui pour lequel l’assistance humanitaire est fournie par la communauté internationale». Le mode opératoire est digne des plus grandes mafias. « Une fois que l’aide humanitaire arrive à Oran, elle met en moyenne 48 jours (!) pour être finalement acheminée aux camps de Tindouf alors qu’une grande partie des chargements ne parvient jamais aux populations sahraouies dans le besoin», relève l’Office européen. Et d’ajouter : «Le Croissant rouge algérien est le premier bénéficiaire du détournement de l’aide, suivi par les dirigeants du front Polisario qui profitent de cette manne financière pour acquérir des armes, mais aussi et surtout des biens immobiliers personnels aux Canaries ou en Espagne». Voilà, tout est dit, ou presque. La Mauritanie n’est pas citée dans ce rapport, mais ce n’est que partie remise. Avec les nouvelles révélations, une autre face hideuse du Polisario, et de son sponsor algérien, se dévoile. De soi-disant « mouvement de libération », le Polisario devient un promoteur immobilier.

Par Ziad Alami
Le 11/12/2014 à 08h37