Amine Tahraoui, ministre de la Santé et de la protection sociale, a émis des instructions fermes en vertu desquelles tout médecin du secteur public dont il a été constaté qu’il travaille aussi dans des cliniques privées, doit être immédiatement suspendu, relaie Al Ahdath Al Maghribia de ce mercredi 8 avril, ajoutant que le dossier de tout contrevenant travaillant dans un établissement de santé relevant du ministère qu’il dirige et contractuellement lié à une structure médicale du secteur privé devra être présenté à une commission de discipline pour que des décisions soient prises à son égard.
L’interdiction pour un médecin exerçant dans un établissement de santé relevant du ministère de la Santé d’exercer dans des cabinets ou des cliniques privées est d’ailleurs mentionnée dans les termes de la loi 10.94 relative à l’exercice de la profession médicale, dont dans son article 55, qui exige un respect strict des horaires du travail dans le secteur public. De plus, dans le statut de la fonction publique défini en 1958, le cumul de fonctions est interdit.
Cette interdiction faite aux médecins de travailler dans le secteur privé concerne également les infirmiers, techniciens et fonctionnaires des administrations des centres de santé. Des commissions d’inspection ont été installées, pour assurer que ces dispositions légales soient respectées, et transmettre à la commission de discipline les noms des éventuels contrevenants.
Les nouvelles instructions données par le ministre de la Santé interviennent dans un contexte marqué par un important déficit en personnel soignant dans les établissements médicaux publics, caractérisés par une très grande affluence de patients. Ce déficit en personnel s’explique justement par un important flux du personnel soignant exerçant dans des établissements publics relevant du ministère de la Santé vers des cliniques privées, où les honoraires des médecins, comme les salaires du personnel soignant, sont plus attrayants. Or, estime le ministère de la Santé, cette «grande évasion des médecins du public vers le secteur privé désorganise le système national de santé dans son ensemble», écrit Al Ahdath Al Maghribia.
Ces mesures disciplinaires ont récemment été prises à l’issue d’une récente réunion au ministère de la Santé à laquelle ont assisté, en plus d’Amine Tahraoui, les membres de l’Inspection générale de la Santé, des responsables de l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM), et des responsables de l’Ordre des médecins du Maroc. Autre décision prise à l’issue de cette réunion: l’instauration d’une commission mixte, dont les membres auront pour mission de contrôler le travail effectué dans les cliniques privées, pour en inciter l’équipe dirigeante à se conformer aux lois en vigueur.
Selon Al Ahdath Al Maghribia, l’objectif des ces nouvelles mesures serait surtout de restituer toute leur valeur aux professions médicales dans les établissements publics, et donc de lutter contre l’absentéisme devenu structurel du personnel soignant dans les hôpitaux publics.




