Justice. Condamnés à de la prison ferme, Héjira et Bioui iront en cassation

Omar Héjira et Abdenbi Bioui.

Omar Héjira et Abdenbi Bioui. . DR

Respectivement condamnés à des peines d'une et deux années de prison ferme, ce 20 mars, Abdenbi Bioui et Omar Héjira, respectivement président de la région de l’Oriental (PAM) et maire d’Oujda (PI), vont recourir à la Cour de cassation, apprend Le360 auprès de leur défense et de leurs entourages.

Le 21/03/2019 à 15h30

Cette sentence a été ressentie comme un vrai coup de massue pour le Parti Authenticité et Modernité et l'Istiqlal, les deux principaux partis de l’opposition.

Mercredi 21 mars dernier, la chambre chargée des crimes financiers à la Cour d’appel de Fès a condamné Omar Héjira, maire d’Oujda et figure de proue de l’Istiqlal dans l’Oriental, à deux ans de prison ferme.

La même chambre a condamné Abdenbi Bioui, influent membre du PAM, grand entrepreneur et président de la région de l’Oriental, à un an de prison ferme.

Ces deux responsables étaient poursuivis pour détournement et dilapidation de deniers publics.

Les deux concernés, malgré nos multiples relances, ont refusé de répondre à nos appels.

Leur défense ainsi que leurs entourages respectifs ont toutefois accepté de nous fournir plus de précisions.

«Nous suivons cette affaire au sein de la direction, mais nous n’allons pas faire de commentaire par respect pour la justice», nous déclare un membre du Comité exécutif de l’Istiqlal, tout en précisant que Omar Héjira allait faire appel de son verdict auprès de la Cour de cassation, le dernier recours qui s'offre à lui. 

«Nous allons saisir la Cour de cassation», nous affirme, de son côté, Me Abdellatif Ouahbi, avocat de Abdenbi Bioui.

Mais il y a là une nuance à apporter: Abdenbi Bioui est poursuivi en sa qualité de dirigeant d’une entreprise, en l'occurrence la prospère «Bioui travaux», alors que Omar Héjira l’est, lui, en sa qualité de maire de la ville.

Condamnés, mais libres: ce que dit la loi

Selon les dispositions du code pénal, et ce, même en cas de recours devant la Cour de cassation, les verdicts définitifs sont exécutés juste après leur énoncé.

«En principe, au cas où ils auraient assisté à la fin de leur procès, le juge peut ordonner leur arrestation et emprisonnement sur le champ», nous explique un avocat du barreau de Rabat.

«Sauf pour de graves crimes comme le viol et le trafic de drogue, un condamné en appel peut échapper à la prison si la peine est inférieure à un an, et s’il fait une demande de grâce ou un recours devant la Cour de cassation», poursuit notre interlocuteur.

Abdenbi Bioui et Omar Héjira n’ont pas été poursuivis une première fois, pour les mêmes faits, sur décision du juge d’instruction.

Après un appel du parquet, ils ont été convoqués pour un procès (juridiction au premier degré) où ils ont été lavés de tout soupçon. Mais le parquet a fait appel de cette décision, avec comme résultat ce verdict, prononcé hier, mercredi 20 mars.

Affaire à suivre. 

Par Mohammed Boudarham
Le 21/03/2019 à 15h30