Investitures: au PAM, le sort des ténors en suspens face à l’arrivée des transfuges

La direction collégiale du PAM.

Revue de presseAlors que l’échéance des législatives de septembre se profile, d’intenses tractations et des choix controversés au sein de la Commission nationale des élections du PAM suscitent l’émoi chez plusieurs de ses figures parlementaires. Entre règlements de comptes présumés et arrivées remarquées de transfuges, la bataille pour les investitures révèle de profondes fractures internes. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 10/03/2026 à 19h02

Plusieurs élus du PAM, forts d’une assise électorale solide, et réputés difficiles à battre, ont exprimé leur mécontentement face à ce qu’ils qualifient de «règlements de comptes». Ces manœuvres seraient orchestrées par certains membres de la commission nationale des élections, opérant à l’insu de Fatima Ezzahra El Mansouri. La coordinatrice nationale de la direction tripartite envisagerait par ailleurs de transférer sa propre candidature de Marrakech vers la circonscription de Rehamna, une option encore à l’étude et non définitive, rapporte Assabah de ce mercredi 11 mars.

Selon des sources concordantes, le député Abderrahim Bouazza, membre éminent du groupe parlementaire et du bureau politique du parti, serait la cible d’un «complot» visant à l’écarter d’une nouvelle investiture. Le prétexte avancé serait la fragilité présumée de ses chances de réélection. Pourtant, les témoignages des électeurs de sa circonscription le décrivent comme le plus actif des parlementaires du PAM, brillant tant par sa présence assidue aux séances plénières qu’à celles des commissions permanentes. Homme de l’ombre, il est également reconnu pour avoir fermement défendu certains ministres issus des rangs du parti face aux attaques.

Paradoxalement, au sein même du PAM, des voix s’élèvent pour soutenir la candidature d’un nouveau venu, transfuge du RNI et actuel président de la commune de Bab Berred. Ce dernier est présenté comme un prétendant incontournable pour mener la liste du parti lors des prochaines élections législatives de septembre.

Dans la région de Casablanca-Settat, la stupéfaction règne. Les militants ont appris avec consternation que Ahmed Brija, figure doyenne des parlementaires casablancais et élu d’une exemplarité rare par sa présence au Parlement, ne dirigera pas les listes électorales. Cette mise à l’écart suscite de vives interrogations, d’autant que Brija bénéficie d’une large base électorale dans la circonscription où il a toujours été candidat.

Les mêmes doutes habitent les partisans de Abdelfettah Amar, écarté de la circonscription de Sidi Bennour par une décision de la commission nationale présidée par Larbi Lamkharchi. C’est également le cas de Nourreddine Biadi, président du club de football «Youssoufia Berrechid», connu pour son verbe tranchant et son indépendance d’esprit.

Par ailleurs, la commission, après avoir exclu Zaim, le principal producteur d’œufs du pays, de la course à Rehamna, peine désormais à trouver un candidat viable dans la circonscription de Kénitra, écrit Assabah. Cette dernière était devenue vacante après l’échec de Faouzi Chaabi lors des législatives de 2021. Ce vide pourrait offrir une opportunité à Saïd Lahrouza, président de la commune de Sidi Taibi et également transfuge du RNI. Si cette option se concrétise, le parti pourrait également faire appel à Hatim Barkia, actuel membre du groupe RNI à la Chambre des représentants et président de la commune de Sidi Allal Tazi.

Par La Rédaction
Le 10/03/2026 à 19h02