Un terrain relevant du foncier communal, d’une superficie de 1 864 m², sis entre la place des Nations-Unies et la place Concorde, a été cédé par le Conseil de la ville de Casablanca pour la somme de 1,846 million de dirhams seulement. Dans son édition du vendredi 16 octobre, le quotidien Assabah précise que cette vente a fait l’objet des points 17, 18, 19 et 20 de l’ordre du jour de la session d’octobre 2026 du Conseil de la ville. Ces quatre points se rapportent respectivement aux mesures relatives au transfert d’un bien du domaine public communal vers le domaine privé, à sa cession selon la procédure de gré à gré, à la fixation de sa valeur financière et, enfin, au projet de cahier des charges organisant cette opération de cession.
La parcelle concernée fait l’objet d’une demande d’immatriculation foncière sous le numéro 7351/D, dans le secteur connu sous le nom de P1, situé sur le boulevard Tahar Alaoui. Cette parcelle est acquise en vue d’agrandir deux autres terrains adjacents appartenant à l’hôtel Hyatt Regency, dont l’un a une superficie de 9 331 m² (TF 87913/S) et l’autre de 2 657 m² (TF 2783/S).
Assabah ajoute que c’est la Commission provinciale d’évaluation qui, lors d’une réunion tenue le 13 octobre dans les locaux de l’arrondissement d’Anfa, a proposé que cette parcelle soit cédée au prix de 1 000 DH/m², soit une somme totale de 1,864 million de dirhams.
La Commission d’évaluation se serait basée sur une expertise foncière datant du 13 décembre 2022, qui avait fixé le prix de la parcelle à 1 500 DH/m². À l’époque, ce terrain, situé près d’un rond-point du boulevard Tahar Alaoui, était exploité par un service privé d’utilité publique.
Selon les données de l’Agence urbaine de Casablanca, 72% de cette parcelle étaient consacrés à un service privé d’utilité publique, tandis que 20% relèvent du projet d’aménagement de l’Avenue royale et que 8% sont occupés par une avenue.
C’est par une procédure de gré à gré que ce terrain a été cédé à l’unité hôtelière, sur la base de l’article 33 de la loi 57.19 organisant le domaine foncier des collectivités territoriales. Cette loi impose à l’acquéreur, entre autres obligations, d’enregistrer le terrain dans les trois mois qui suivent la cession.
Même si cette cession au profit de l’hôtel 5 étoiles n’est pas encore définitive et reste soumise à une longue procédure de confirmation administrative, Assabah conclut que ce dossier soulève des questions quant à la procédure d’évaluation de la valeur des biens relevant du foncier communal. Comment, en effet, un terrain en plein centre-ville peut-il être cédé pour la modique somme de 1 000 DH/m² ?


