Longtemps installée aux premiers rangs de la scène politique, la formation de la rose se trouve désormais confrontée à une situation sans précédent, marquée par une rareté préoccupante de candidats crédibles dans les grandes villes et les circonscriptions stratégiques du Royaume. Dans le fief économique du Royaume, le constat est sans appel. Les chances de l’USFP de décrocher ne serait-ce qu’un siège dans l’une des circonscriptions de la métropole sont jugées quasi inexistantes.
«Cette situation s’étend comme une tache d’huile sur les provinces limitrophes telles que Médiouna, Nouaceur, Mohammedia et Benslimane, où le parti semble s’être volontairement retiré de toute concurrence effective. Un mince espoir subsiste toutefois dans les circonscriptions d’El Jadida et de Settat», rapporte Assabah de ce mercredi 18 mars. Cependant, des sources internes n’écartent pas la perte de ce dernier bastion, fragilisé par la défection de l’équipe d’Abdelghani Mekhdad, ralliée au Parti de l’Istiqlal.
Si, dans la capitale, le parti n’a pas encore tranché, quelques certitudes émergent. La circonscription de Chellah devrait voir la candidature parrainée de Lahcen Lachgar, tandis que l’on attend la confirmation d’Abdelkrim Benatik dans la circonscription de l’Océan. En revanche, à Salé, devenue l’une des circonscriptions les plus disputées du Royaume, l’USFP semble d’ores et déjà incapable de présenter un candidat à la hauteur de la concurrence.
Plus au nord, à Tanger, une lutte d’influence se dessine. Le secrétaire provincial, Mohamed Ghadane, a manifesté son ambition de se présenter, alors que la direction du parti pencherait pour la reconduction de Tahar Abdelkader. Les chances de ce dernier s’annoncent toutefois minces, d’autant que la députée Saloua Demnati a su imposer sa stature et forger une solide réputation dans la ville du Détroit.
La situation est plus critique encore dans la circonscription de M’diq-Fnideq, où aucun candidat ne s’est manifesté depuis le désistement du député Abdennour, et à Ouezzane, où d’autres formations ont accaparé l’espace politique.
C’est probablement dans les provinces du Sud que le marasme est le plus frappant. À l’exception notable de la circonscription d’Assa-Zag, où l’unique parlementaire socialiste a annoncé son retrait, le parti est incapable de présenter le moindre candidat. Même constat dans la vaste région de Marrakech-Safi. Les circonscriptions de Marrakech, d’Al Haouz et de Chichaoua sont toujours en quête de personnalités capables de rivaliser avec des concurrents bien implantés.
Face à ce vide abyssal, la stratégie du parti semble se résumer à une politique de «recrutement» externe, en approchant d’anciens élus d’autres formations, à l’image de ce qui avait été fait par le passé avec «Ould Laroussia». À El Kelaâ des Sraghna, les regards se tournent ainsi vers un ancien cadre de l’UC, tandis qu’à Rehamna et El Youssoufia, on fouille les terroirs locaux à la recherche d’une improbable tête d’affiche.
Dans la région de Béni Mellal-Khénifra, la présence du parti se veut essentiellement symbolique. Si quelques chances, aussi limitées soient-elles, subsistent à Béni Mellal, Fkih Ben Salah et Khouribga, les provinces de Khénifra et d’Azilal ne devraient bénéficier que d’une couverture a minima.
Le Premier secrétaire du parti, Driss Lachgar, a lui-même reconnu les difficultés insurmontables dans la région du Souss-Massa, expliquant de fait l’absence de candidatures socialistes à Agadir, Chtouka Aït Baha, Tiznit, Taroudant, Inezgane et Tata, écrit Assabah. À quelques exceptions près, comme à Sefrou où la candidature de Chtibi est envisagée dans la région Fès-Meknès, le scénario se répète. Faute de candidats capables de tenir tête leurs adversaires, l’USFP semble contraint de choisir la chaise vide à Meknès, Taza, El Hajeb et Fès-Sud.







