Diffamation et chantage numérique: la justice resserre l’étau sur des responsables politiques à Tétouan

Un tribunal de Tétouan vient de condamner un dirigeant du PJD à une peine de prison avec sursis pour avoir diffamé, injurié et calomniié un tiers sur des réseaux sociaux.. DR

Revue de presseCondamnations judiciaires, convocations devant la Cour d’appel et enquêtes en cours: plusieurs responsables politiques de la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma se retrouvent au cœur d’affaires de diffamation et de chantage via les réseaux sociaux. À l’approche des échéances électorales, ces dérives numériques soulèvent de sérieuses inquiétudes quant à l’éthique politique et à l’usage abusif des plateformes en ligne. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 15/01/2026 à 19h00

La justice poursuit sa lutte contre les dérives numériques liées à la diffamation et au chantage sur les réseaux sociaux dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. À Tétouan, la Chambre correctionnelle du tribunal de première instance a récemment condamné un dirigeant du Parti de la justice et du développement (PJD) à une peine de prison avec sursis pour des faits de diffamation, d’injures et de calomnies commises via des plateformes numériques, indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du vendredi 16 janvier.

Dans le même sillage, la Cour d’appel a convoqué deux responsables du Parti authenticité et modernité (PAM) à une audience fixée au 21 janvier, afin d’examiner les poursuites engagées par le parquet. Les chefs d’accusation portent notamment sur la diffamation, l’atteinte à la vie privée et la diffusion de fausses informations, des faits réprimés par l’article 447-2 du Code pénal marocain.

Ces affaires s’inscrivent dans un contexte plus large marqué par la prolifération de pages Facebook suspectes, utilisées à des fins de chantage et de règlements de comptes politiques. L’usurpation de la qualité de journaliste, la diffusion d’accusations infondées et l’implication, réelle ou supposée, de hauts responsables dans des campagnes de dénigrement contribuent à ternir l’image d’institutions sensibles et à alimenter un climat de méfiance au sein de l’opinion publique, a-t-on lu dans Al Akhbar.

À Tétouan et M’diq, plusieurs acteurs politiques seraient soupçonnés d’implication directe ou indirecte dans ces pratiques, parfois en collaboration avec des individus connus pour leurs antécédents judiciaires. Malgré des condamnations antérieures à des peines avec sursis ou à des amendes, certains continueraient à se livrer à des crimes numériques, ciblant l’honneur, la sécurité et même l’environnement familial de leurs victimes.

À l’approche des prochaines élections législatives, les observateurs locaux tirent la sonnette d’alarme. Ils redoutent une recrudescence des campagnes de diffamation et de chantage en ligne, utilisées comme outils de pression politique pour faire taire les opposants ou éliminer des concurrents sur la scène locale. Ces pratiques, basées sur l’intimidation et l’atteinte à la vie privée, pourraient transformer les réseaux sociaux en véritables armes politiques.

Ces multiples dossiers judiciaires impliquant des élus de différents partis (PAM, PJD, Mouvement populaire, Istiqlal et USFP) placent les directions nationales des formations politiques dans une position délicate. Ils soulèvent de sérieuses interrogations sur les mécanismes d’octroi des investitures et sur la responsabilité des partis dans la sélection de candidats ultérieurement impliqués dans des affaires de diffamation, de falsification ou d’irrégularités urbanistiques.

Face à ces dérives, l’article 447-2 du Code pénal marocain constitue l’un des principaux outils juridiques de lutte contre les abus numériques. Il prévoit des peines pouvant aller jusqu’à trois ans de prison et au versement d’amendes significatives, rappelant que la liberté d’expression ne saurait justifier des atteintes à la vie privée ni la propagation de fausses accusations.

Par La Rédaction
Le 15/01/2026 à 19h00