Dialogue social: tensions persistantes et attentes non satisfaites

Lors d'une réunion du Conseil de gouvernement

Revue de presseLe dialogue social piétine toujours, et plus particulièrement au niveau de son volet sectoriel. Le gouvernement étant en fin de mandat, il y a fort à parier qu’une sanction par les urnes de la part des syndicats pourrait mettre à mal la majorité sortante lors du prochain scrutin. Les détails dans cette revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 26/03/2026 à 20h33

Il est certain que ce que le gouvernement n’a pas pu ou voulu faire durant les cinq dernières années de son mandat, il ne pourra plus le faire au cours des cinq petits mois qui lui restent.

Dans son édition du vendredi 27 mars, le quotidien Assabah met en garde le gouvernement quant aux conséquences néfastes que pourrait avoir la non-satisfaction de certaines attentes des syndicats. Certaines sources du journal estiment que le gouvernement doit agir d’urgence et mettre les bouchées doubles pour faire avancer certains dossiers sociaux afin d’éviter à sa majorité actuelle une bérézina lors des prochaines législatives de septembre 2026.

«Le retard dans la satisfaction de certaines attentes sociales serait dû à certains ministres qui auraient passé outre les instructions du chef du gouvernement en matière d’organisation régulière de rounds de dialogue sectoriel avec les syndicats concernés», explique Assabah du 27 mars.

Le quotidien ajoute qu’à contrario, certains ministres ont bien organisé des rencontres avec les syndicats, mais sans jamais aboutir à des résultats concrets sur les dossiers examinés. Le manque de moyens financiers étant l’alibi régulier des membres du gouvernement pour répondre aux revendications des syndicats. Mais ces ministres n’ont jamais non plus pris l’initiative de proposer des solutions acceptables de rechange, comme s’y attendaient les syndicats. Ces derniers étaient, par exemple, ouverts à une révision des anciens statuts régissant certains secteurs et catégories de fonctionnaires, afin d’ouvrir la voie à une augmentation des salaires.

Les syndicats ont surtout axé leurs efforts sur des dossiers qui traînent depuis plusieurs années et qui concernent le secteur privé, où plus de 6 millions d’employés, dont les salaires sont trop bas, ne sont pas déclarés au niveau des caisses sociales. Cette situation fait perdre annuellement des milliards au Trésor public et serait derrière la précarité que vivent des retraités du secteur privé.

Les syndicats affirment ne rien attendre du prochain round de négociations avec le gouvernement, programmé par ce dernier à la veille du 1er mai. Les centrales syndicales les plus représentatives, à savoir l’Union marocaine du Travail (UMT), la Confédération démocratique du travail (CDT), l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM)… comptent faire monter les enchères afin d’exiger une augmentation générale des salaires face au renchérissement actuel du coût de la vie, surtout les salaires dans les secteurs de l’industrie et de l’agriculture qui subissent de plein fouet une fuite de main-d’œuvre vers l’Espagne et l’Italie.

Par Le360
Le 26/03/2026 à 20h33