Blanchiment d’argent: des dizaines de nouvelles affaires devant les tribunaux spécialisés

Plusieurs dizaines de nouvelles affaires de blanchiment d’argent ont été déférées récemment devant la justice.

Revue de presseFace à la recrudescence des dossiers complexes de corruption et de détournement, les autorités judiciaires et gouvernementales déploient une stratégie multidimensionnelle. Celle-ci combine une action pénale accentuée devant les tribunaux spécialisés et l’élaboration de nouveaux instruments institutionnels pour traquer les profits illicites et protéger les deniers publics. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Akhbar.

Le 02/01/2026 à 19h36

Le Parquet général a récemment déféré plusieurs dizaines de nouvelles affaires devant les tribunaux spécialisés en matière de blanchiment d’argent, siégeant à Rabat, Casablanca, Marrakech et Fès. Ces procédures judiciaires concernent des présidents de communes déjà condamnés ou poursuivis pour des faits de dilapidation et de détournement de fonds publics, ainsi que pour corruption.

«Sur instruction de la présidence du ministère public, qui accorde une priorité absolue à ces dossiers, des enquêtes financières parallèles ont été diligentées», rapporte Al Akhbar dans son édition du week-end des 3 et 4 janvier. Elles visent spécifiquement à traquer les mouvements suspects de capitaux liés à ces crimes initiaux. Les magistrats ont ainsi été exhortés à procéder à un inventaire exhaustif du patrimoine des accusés, incluant leurs biens immobiliers et mobiliers, ainsi que l’examen de leurs comptes bancaires.

Cette intensification de l’action répressive s’accompagne d’une importante réforme structurelle. Le ministère de la Justice œuvre actuellement à la finalisation d’un projet de loi portant création d’une Agence nationale chargée de la gestion et du recouvrement des avoirs saisis et confisqués. Cette initiative, qui intervient dans un contexte marqué par une nette augmentation des jugements ordonnant de telles mesures, intègre plusieurs amendements proposés par les secteurs concernés. Elle se voit notamment dotée de nouvelles prérogatives, telles que la compétence pour le recouvrement des amendes pénales.

«Parallèlement, le ministère de l’Économie et des Finances, à l’origine d’une proposition similaire, milite pour une réorganisation de l’Agence judiciaire du Royaume (AJR)», note Al Akhbar. L’objectif est d’élargir ses attributions et de renforcer son rôle dans la défense du patrimoine public, particulièrement dans les litiges relatifs à la corruption. Cette institution, placée sous sa tutelle, a d’ores et déjà déposé des requêtes en saisie de biens et de fonds appartenant à des personnalités condamnées pour crimes financiers, parmi lesquelles figurent des parlementaires, des élus locaux et de hauts fonctionnaires.

Par Hassan Benadad
Le 02/01/2026 à 19h36