L’armée américaine envisage de créer une série de centres régionaux de formation aux drones en Afrique. Et le Maroc sera le premier pays à accueillir cette initiative, dès le mois prochain, en marge de l’exercice militaire annuel African Lion. L’annonce a été faite par le général Christopher Donahue, commandant des forces américaines en Europe et en Afrique, rapporte le média militaire américain Stars and Stripes.
Selon la même source, African Lion se tiendra en avril et mai au Maroc, en Tunisie, au Sénégal et au Ghana, avec plus de 10.000 participants issus de 20 nations. Un premier module de formation aux drones y sera organisé pour 16 militaires, répartis en deux groupes de huit. L’un portera sur l’intégration des drones dans la planification des opérations militaires, l’autre sur la prise en main de quatre systèmes différents d’aéronefs sans pilote, sur des durées de huit et dix jours respectivement.
«Ce centre de formation régional vise une capacité durable et pérenne qui, une fois son efficacité prouvée, pourra être étendue à d’autres parties de l’Afrique», a-t-il ajouté.
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Le général Donahue a indiqué que ces centres ne se limiteraient pas à la formation technique et à l’équipement. «Ce que nous voulons, c’est nous concentrer sur une approche de résolution des problèmes», a-t-il déclaré.
Le responsable américain a formulé ces remarques lors de l’ouverture de l’African Land Forces Summit de la Southern European Task Force Africa. Cette conférence a réuni des militaires et des responsables américains, africains et européens pour renforcer la sécurité régionale à travers des partenariats et la technologie.
Cette année, la conférence a inclus des experts et des entreprises technologiques dans le but de combler le fossé entre les armées africaines et l’industrie dans l’acquisition de technologies nouvelles et émergentes. L’initiative visait également à stimuler la collaboration et l’innovation, ont indiqué des responsables.
D’après le média militaire américain Stars and Stripes, l’initiative de formation aux drones de l’armée intervient alors que les pays africains cherchent à acquérir et à utiliser les drones pour faire face à toute une série de problèmes de sécurité, notamment le terrorisme, le trafic illicite de drogues, le braconnage et la protection des frontières.
Cependant, la question du financement constitue un obstacle majeur pour de nombreux pays du continent. Le général de brigade sénégalais Simon Ndour a relevé que si certains États peuvent acquérir des drones peu coûteux, leurs capacités restent limitées en raison de leur nature purement tactique. Les systèmes militaires performants, dotés de capacités de surveillance, de renseignement ou d’armement, peuvent atteindre plusieurs dizaines de millions de dollars. Des fabricants présents à la conférence ont indiqué travailler sur des solutions moins onéreuses, notamment en réduisant le nombre de systèmes coûteux à acquérir par pays.




